EGC de Strasbourg : « le message de Jésus était subversif »

Publié le 13/10/2012
Strasbourg
 

Les débats se poursuivent aux États généraux du christianisme à Strasbourg. Dans l’un, l’historien Jean-Christian Petitfils et le président du Secours Catholique, François Soulage, se sont essayés à répondre à la question : « Jésus était-il socialement subversif ? »

Strasbourg continue à vibrer au rythme des États généraux du christianisme. Pour cette deuxième journée, la ville a accueilli deux grands forums et pas moins de 23 débats différents. Dans cette foison de propositions, une rencontre a suscité l’intérêt d’un public attentif, concerné et impliqué, celle d’un économiste et d’un historien autour de la question « Jésus était-il socialement subversif ? » L’économiste est bien connu des donateurs, puisqu’il s’agit de François Soulage, président du Secours Catholique, et la renommée de l’historien n’est plus à faire : Jean-Christian Petitfils est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Jésus, paru en 2011 (éd. Fayard).

Sous les voûtes de l’église Saint-Nicolas, bâtie en 1577 au bord de l’Ill, autrefois catholique, passée au culte protestant et à présent au Renouveau charismatique, les deux interlocuteurs parlent à l’unisson. Pour François Soulage, « Jésus n’était pas socialement subversif, mais il a semé partout les graines de la subversion. Il n’a pas remis en cause l’ordre établi, il n’a pas organisé de véritable rébellion, mais il n’a cessé de transgresser toutes les règles de la société de son temps. C’est en ce sens que son message est socialement subversif. »

Le propos est conforté par Jean-Christian Petitfils avec le regard précis, scientifique de l’historien s’appuyant sur les très rares sources de l’époque : « Jésus était gêné par l’étiquette de Messie. Alors qu’au Ier siècle, on attend un libérateur, un chef de guerre pour chasser les Romains, il ne veut pas prendre le pouvoir, il fuit quand on veut le faire roi. Mais il fréquente les marginaux, pardonne à la femme adultère et renvoie les riches les mains vides en dénonçant le veau d’or et l’idolâtrie. » Une attitude très choquante pour la société juive de l’époque.

Pour François Soulage, l’appel de Jésus, cet appel qui consiste à changer l’ordre des valeurs, trouve un écho dans l’actualité. « Aujourd’hui cette radicalité veut dire aller au fond des choses, s’interroger. Nous autres chrétiens, avons-nous cette capacité à défendre le droit à la vie, à combattre sans relâche la pauvreté, les inégalités, la haine contre l’autre, la cupidité ? Alors que notre société, au nom d’un sens de l’humain s’apprête à commettre des erreurs colossales, il ne faut pas hésiter à nous opposer radicalement, à être subversif pour mettre en avant le respect et la défense de la dignité de tout être humain durant toute sa vie. Et si en 2012, le message de Jésus, c’était un appel à la charité fraternelle, au respect de la vie, au respect du sens de la relation qui unit un homme et une femme, au respect des Roms, des salariés de PSA ? »

Les États généraux du christianisme se terminent dimanche par la matinée spéciale Le Jour du Seigneur et la messe célébrant l’anniversaire des 50 ans de Vatican II, présidée par Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, et retransmise en direct à partir de 10 h 30 sur France 2.

 

Guillaume de Morant
crédit : Guillaume de Morant/Secours Catholique
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