Emploi : miser davantage sur la formation et l'accompagnement

Publié le 23/03/2016
France
 

Le Secours Catholique-Caritas France promeut depuis quelques années l'accès à la formation des chômeurs de longue durée. À ce titre, l'association est particulièrement attentive aux évolutions qui vont être proposées dans l’avant-projet de la loi El Khomry qui doit être présenté ce jeudi 24 mars en Conseil des ministres.

 

Entretien avec Guillaume Alméras, responsable de l’Emploi et de l’économie solidaire au Secours Catholique.

 

Pourquoi le Secours Catholique suit-il de près l’avant-projet de loi sur la réforme du droit du travail ?

 

Le Secours Catholique porte une attention particulière aux chômeurs puisque près de 70 % des personnes que notre association rencontre sont dans cette situation. Nous constatons que l’éloignement de l’emploi s’apparente à un phénomène de décrochage.

Les personnes éloignées de l’emploi que nous rencontrons l’étaient à hauteur de 65,6 % en 2010 et en 2014 elles sont 67,1 %, comme si le retour à l’emploi au bout d’un moment devenait irréversible.

Le projet de compte personnel d’activité (CPA) inscrit dans le pré-projet de la loi El Khomry ouvre une voie stimulante pour les personnes en recherche d’emploi et les personnes peu qualifiées à travers des mesures visant à abonder leur compte personnel de formation, conditions nécessaires pour renouer avec l’emploi.

Mais il ne s’agit que des premiers pas timides d’un chemin vertueux.

 

Des premiers pas timides ?

 

Le 14 mars, le Premier ministre a assuré que les salariés peu qualifiés pourront voir leur compte personnel d’activité crédité jusqu’à quarante heures par an (contre vingt-quatre heures pour le reste des travailleurs) et que le plafond sera porté de 150 heures à 400 heures.

Cela signifie qu'il faudra dix ans à un salarié peu qualifié pour obtenir ces 400 heures, en partant du principe qu'il aura eu la chance d’avoir été en situation d’emploi pendant toute cette période. Dix ans, c'est loin.

Et qu'en est-il des demandeurs d'emploi ? Le collectif Alerte, auquel le Secours Catholique contribue, préconise que les chômeurs de très longue durée bénéficient d’un droit à la formation de 400 heures.

Le Premier ministre a bien identifié cette attente que nous portons et renvoie ce point à la négociation sur la convention d’assurance chômage.

 

Avez-vous identifié d'autres propositions intéressantes ?

 

Une évolution de la prise en compte du bénévolat est manifeste dans les nouvelles orientations présentées par le Premier ministre.

Cependant l’avancée reste très fragile : cette prise en compte d’un engagement bénévole pour le droit à la formation au sein du compte personnel d’activité (CPA) est incertaine. Il est plutôt question d’un autre compte « engagement citoyen » couplé au CPA.

Par ailleurs, il semble que la catégorie de bénévole soit actuellement restreinte aux services civiques et aux stagiaires. Or le bénévolat est un engagement à titre gracieux, ce que n’est pas le stage ou le service civique. Il serait plus judicieux de distinguer le volontariat du bénévolat.

Le Secours Catholique souhaite que des missions de bénévolat reconnues d’utilité sociale puissent être éligibles au CPA.
 
Enfin, il est satisfaisant de voir que les jeunes sont mieux pris en compte par les mécanismes de protection et d’accompagnement à travers la généralisation de la Garantie jeunes. Le Secours Catholique souhaite que l’accompagnement soit un élément structurant du retour vers l’emploi.

 

Le compte personnel d’activité : pour une protection sociale moderne

Les propositions du collectif Alerte, auquel contribue le Secours Catholique, pour améliorer le compte personnel d'activité (CPA) prévu par la réforme du droit du travail.
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Secours Catholique
Crédits photos : © Élodie Perriot/Secours Catholique
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