Expulsions : les associations demandent un moratoire pour 2013

Publié le 13/03/2013
France
 

À l’approche de la fin de la trêve hivernale, le Collectif des associations unies, dont fait partie le Secours Catholique, demande un moratoire sur les expulsions locatives.

« J’ai deux enfants, j’ai perdu mon travail et je ne peux plus payer mon loyer. Entre manger et me loger, je fais quoi ? » Voilà ce que l’on pouvait lire sur l’une des pancartes déployées lors de la conférence de presse organisée par le Collectif des associations unies (CAU) le 13 au matin devant l’Assemblée nationale. À quelques jours de la fin de la trêve hivernale – qui devait intervenir le 15 mars, mais a été repoussée de quinze jours par la ministre du Logement – les 33 associations composant le Collectif, dont le Secours Catholique, ont souhaité faire entendre leur voix afin d’exiger un moratoire pour 2013 sur les expulsions locatives. « Il faut dépasser le cas de conscience saisonnier. Si ces quinze jours supplémentaires de trêve servent à organiser un débat public sur notre proposition de moratoire, alors ces quinze jours auront été nécessaires », a affirmé Victoire Le Cœur, responsable du département « De la rue au logement » du Secours Catholique.

« Les chiffres de la pauvreté sont remontés : 8,6 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays compte 5 millions de demandeurs d’emplois », a rappelé de son côté Christophe Robert, le porte-parole du Collectif, indiquant également qu’« en dix ans, le nombre de décisions judiciaires d’expulsion pour impayés de loyers a augmenté de 40 % et le nombre d’expulsions avec le concours de la force publique a doublé ».

Derrière les chiffres, ce sont des vies brisées par ces expulsions, dont les conséquences se font sentir sur l’emploi, la scolarisation, la santé, les liens sociaux… « Tous les jours nous voyons les dégâts que cela provoque », a insisté Christophe Robert.

Politique de prévention

Face à l’urgence sociale, le CAU demande un moratoire sur toutes les expulsions locatives. « Nous le proposons avec un dédommagement des propriétaires via le fonds d’indemnisation des propriétaires », a précisé Christophe Robert rappelant que ce fonds, qui permet aux préfets d’indemniser les propriétaires victimes d’impayés, s’est réduit comme peau de chagrin : 78 millions d’euros en 2005 contre 42 millions aujourd’hui.

Au-delà de ce moratoire, le CAU demande la mise en place d’une vraie politique de prévention des expulsions, en intervenant le plus en amont possible, notamment en systématisant les enquêtes sociales permettant de comprendre les situations de chacun et d’y apporter des solutions adaptées.

Enfin, Christophe Robert a fustigé la politique actuelle d’évacuation des campements de Roms, qui « fragilise des gens déjà en très grande difficulté ». Une politique également jugée indigne et contre-productive par le Secours Catholique.

À l’issue de la conférence de presse, une délégation du CAU s’est rendue à l’Assemblée nationale pour rencontrer des députés du Parti socialiste et déposer une lettre (téléchargeable ci-dessous) à tous les députés et sénateurs.

Marina Bellot
© Patrick Delapierre / Secours Catholique
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