Famine : Stop à la spéculation sur les denrées alimentaires

Publié le 08/08/2012
Autriche
 

Caritas Autriche, membre du réseau mondial Caritas, lance une campagne contre la spéculation sur les produits alimentaires. Le Secours Catholique se joint à cette mobilisation.

« La spéculation sur les denrées alimentaires est l’une des causes majeures de la volatilité des prix et de la faim, affirme Caritas Autriche, partenaire du Secours Catholique, dans le cadre du lancement de sa campagne "Stop à la spéculation sur la nourriture". Les politiciens doivent réglementer plus fortement la finance et les marchés des matières premières et doivent arrêter la spéculation sur les denrées alimentaires qui conduit à une hausse des prix. »

MIFID2, nouvel espoir ?

Le projet de réforme de la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers (MIFID2), proposé par la Commission européenne en novembre 2011, doit être voté en septembre prochain au Parlement européen et devrait s’appliquer d’ici à la fin 2012. Caritas Autriche profite de ces échéances pour mobiliser les ministres des finances européens en faveur d’une directive ambitieuse.

Dans une lettre qui leur est adressée, l’organisation et ses partenaires demandent plus de transparence sur les marchés des matières premières. « Actuellement, il est souvent difficile de savoir qui négocie en produits agricoles. Par ailleurs, le nombre de zones non réglementées doit être réduit », écrit Caritas Autriche.

L’organisation souhaite également l’application de restrictions strictes à toutes les opérations financières sur les produits dérivés de denrées alimentaires et que ces restrictions soient introduites sur les marchés des matières premières agricoles. Par ailleurs, la Caritas autrichienne estime que les fonds d’investissements doivent être interdits dans le cadre d’échanges de produits agricoles. « La spéculation sur les denrées alimentaires de base dans le seul but du profit ne doit plus être autorisée. » Enfin, elle exige des contrôles efficaces des échanges par le biais de solides autorités réglementaires. « Les autorités de régulation des marchés financiers doivent être renforcées. Elles devraient également être autorisés à intervenir préventivement. »

Les petits exploitants agricoles, premières victimes de la spéculation

Caritas Autriche rappelle que les prix des aliments (riz, maïs, blé) ont augmenté considérablement depuis 2006. De fait, alors qu’une tonne de maïs coûtait 121 dollars (97,30€) en 2006, en 2011, elle atteignait 298 dollars (240€), soit plus du double.

« La spéculation excessive sur les produits alimentaires est l’une des raisons principales de la hausse des prix », estime l’association autrichienne. Une thèse corroborée par de nombreuses études scientifiques. « La récolte des petits exploitants agricoles, qui sont les plus affectés par la faim, est souvent trop insuffisante pour nourrir leur famille et les poussent à acheter sur le marché. Or, ces derniers n’ont plus les moyens de s’acheter de la nourriture. Une augmentation des prix, même si elle est légère, peut donc avoir des conséquences dramatiques pour ces familles », témoigne l’association. Selon l’organisation des nations pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les personnes les plus pauvres consacrent entre 60 et 80% de leurs revenus à l’alimentation.

Exemple récent : le Sahel, où la conjugaison de la volatilité des prix et d’une mauvaise récolte due à la sécheresse a plongé plusieurs milliers de personnes dans l’insécurité alimentaire. Le Secours Catholique se joint à la mobilisation de sa consœur autrichienne contre la spéculation sur les produits agricoles.

Crédit : CI/Flickr
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