FIFDH : un festival pour les droits de l'Homme

FIFDH : un festival pour les droits de l'Homme

Publié le 01/04/2016
France
 

Pour la quatorzième année, le Festival international du film des droits de l’homme (FIFDH) se tiendra du 5 au 12 avril, à Paris. Partenaire de l'événement depuis 10 ans, le Secours Catholique a composé un jury réunissant des personnes en difficulté et des bénévoles qui, le soir du 12 avril, désignera les lauréats.

 

Véronique Fayet : « L'urgence d'éduquer à la solidarité »

Depuis 10 ans, le Secours Catholique-Caritas France soutient le Festival international du film des droits de l'homme (FIFDH).

Dès les premières années de sa fondation, l'association, qui fête cette année ses 70 ans, a mis l'action internationale et la mobilisation pour les droits de l'homme et la dignité de l'être humain au coeur de son projet.

Aujourd'hui, le Secours Catholique accompagne plus de 700 projets dans 74 pays pour répondre aux besoins en eau, en santé, en éducation, en alimentation, aux crises humanitaires, à la protection des droits humains et au renforcement de la société civile. Ces projets s'attachent avec les populations concernées à faire reculer la pauvreté et avancer la dignité universelle.

Solidarité internationale

En étant partenaire du FIFDH, le Secours Catholique poursuit sa mission - première - d'éducation à la solidarité en France - et tout particulièrement d'éducation à la solidarité internationale. 

Outre Paris, notre association accompagne le développement du Festival en région. Les antennes locales du Secours Catholique y organisent des débats et des projections à destination des établissements scolaires mais aussi pénitentiaires.

Ces séances sont l'occasion de donner la parole à des experts de la situation et de susciter l'échange et le débat, condition initiale pour faire naître l'engagement.

 

La situation des migrants dans le monde est une des plus préoccupantes et alarmantes en matière d'atteinte aux droits de l'homme

Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France

Au sein de ce cru cinématographique 2016, je dois avouer ma sensibilité particulière à deux sujets : d'une part la traite des êtres humains abordée dans « Retour à la vie », de Maria Borrelli et Guido Freddi.

Ce fléau qualifié par le pape François de « crime contre l'humanité » est combattu avec vigueur en France et dans le monde par le Secours Catholique au sein du Collectif Ensemble contre la traite.

D'autre part, la question des réfugiés au Moyen-Orient avec « Hotline », de Silvina Landsmann, qui rend compte du travail effectué auprès des migrants en Israël par l'ONG Hotline for Refugees and Migrants, soutenue par le Secours Catholique.

Que ce soit en Israël, en France, en Turquie ou encore au Mexique... la situation des migrants dans le monde est une des plus préoccupantes et alarmantes en matière d'atteinte aux droits de l'homme.

Enfin, pour célébrer ces dix années de partenariat fructueux avec le FIFDH, nous avons voulu créer un prix du jury Secours Catholique. Pas un jury pour dire le point de vue des experts de l'association, mais bel et bien pour donner la parole aux personnes qui la composent, spécialistes bénévoles, salariés et personnes en précarité. Là encore, pour contiuer notre mission d'éducation à la solidarité, de tous, avec tous.

 

« Hotline » ou Kafka en Israël

 

« Hotline », le film de la réalisatrice Silvina Landsmann, dénonce la situation kafkaïenne des demandeurs d’asile qui, en se réfugiant en Israël, commettent une infraction pénale. Réalité mal connue expliquée à travers le travail inlassable des salariés et des bénévoles de Hotline for refugees and Migrants, une ONG israélienne que soutient le Secours Catholique-Caritas France.

Fondée en 1998, Hotline for Refugees and Migrants (HRM) est une ONG israélienne qui défend les droits des réfugiés et combat le trafic d’êtres humains.

Qui sont ces réfugiés ? Des Africains venus de pays en guerre et dont la vie est menacée, majoritairement d’Erythrée (73%) et du Soudan (19%). Avant de franchir la frontière qui sépare l’Égypte d’Israël, un cinquième d’entre eux sont capturés dans le désert du Sinaï et enfermés dans des camps d’où ils sont rançonnés et longuement torturés.

S’ils réchappent de cet enfer, leur calvaire n’est pas terminé puisqu’en entrant en Israël ils commettent une infraction punie par deux ou trois ans de prison, avant même qu’ils puissent faire valoir leurs droits.

Le film démontre l'aberration de la situation de ces migrants qui, protégés par la Convention de Genève sur le statut des réfugiés, sont tenus en respect par la machine administrative.

Les bénévoles et salariés de HRM sont des citoyens israéliens qui se battent pour faire valoir en justice le droit des migrants. En 18 ans d’existence, l’ONG a apporté son aide à plus de 55 000 personnes venues de 125 pays différents.

Ignorance

En septembre 2012, Silvina Landsmann, a posé sa caméra dans les bureaux de HRM à Tel-Aviv. Pendant quatre mois, elle a filmé tout ce qui permet de comprendre la situation des migrants en Israël.

Hormis les bureaux HRM et les couloirs du ministère de l'intérieur, toutes les autres portes sont restées fermées : le tribunal, les bureaux des ministères et les prisons. « Finalement, c'est au montage que je me suis aperçue que ces portes fermées faisaient partie du sujet », explique la réalisatrice.

Outre l'aspect cinématographique de son oeuvre, Silvina Landsmann insiste sur l'aspect pédagogique du documentaire. « Il y a tellement d'ignorance, dit-elle, qu'il fallait que ce film serve à prendre conscience. Une des trois fondatrices d'HRM, Sigal Rozen, a pour habitude de dire que le savoir est une force. HRM leur donne un peu de cette force en leur apprenant qu'ils ont des droits, même si ces droits ne sont pas nombreux. »

Infiltrés

Les migrants demandeurs d'asile sont qualifiés par l’État israélien d’ « infiltrés »,  terme appliqué dans les années 1950 aux Palestiniens revenant en Israël commettre des attaques terroristes. Volonté délibérée de faire des amalgames.

Mais parce que ces demandeurs d'asile sont de véritables réfugiés, contrairement à une immigration économique strictement contrôlée, ils ne peuvent pas non plus être expulsés.

Or, le gouvernement a du mal à expliquer pourquoi ces gens ne sont pas déportés comme les autres migrants illégaux. Ministres et élus participent à la propagande en présentant les réfugiés comme des criminels et des propagateurs de maladies.

Quand on demande à Silvina Landsmann, citoyenne israélienne d'origine argentine, pourquoi l'État d'Israël n'accueille pas les migrants comme le leur impose la Convention internationale de 1951, elle répond lapidairement : « Parce qu'ils ne sont pas juifs. »

Voir la bande-annonce du documentaire « Hotline  »

 

« Retour à la vie » : la prostitution enfantine au Cambodge

Très engagé dans la lutte contre la traite des êtres humains, le Secours Catholique est partenaire du film « Retour à la vie », réalisé par Ilaria Borrelli et Guido Freddi. Dans cette fiction, le couple de réalisateurs met en lumière l'exploitation des mineurs à travers l'histoire de trois petites cambodgiennes soumises à la prostitution enfantine.

 
FIFDH : un festival pour les droits de l'Homme
Entretien

Guido Freddi, coréalisateur du film

 

Les rendez-vous du festival

Durant toute la semaine du Festival, des experts du Secours Catholique interviennent dans les débats. Notre programme en un coup d'oeil.

  • 7 avril à 15h20, « 18 fugitives », de Paul Cowan et Amer Shomali, sur le conflit israélo-palestinien.
    Avec l’intervention de Mathilde Girardot, du pôle Moyen-Orient/Nord de l’Afrique.
     
  • 8 avril à 20h30, « Retour à la vie », de Ilaria Borrelli et Guido Freddi, sur la traite des êtres humains.
    Débat avec Geneviève Colas, responsable de ce dossier au Secours Catholique, et les réalisateurs.
     
  • 9 avril à 19h, « Incorruptible », d’Elizabeth Chai, sur la corruption et la mobilisation pour la démocratie au Sénégal.
    En présence de Philippe Morié, responsable du pôle Afrique et Océan indien.
     
  • 12 avril à 17h, « Hotline », de Silvina Landsman, sur le travail d’une ONG auprès de migrants en Israël.
    Avec Patrice Lucas, du pôle Moyen-Orient/Nord de l’Afrique.
     
  • 12 avril, Proclamation du palmarès : pour ses dix ans de partenariat avec le Festival, le Secours Catholique a créé un jury spécifique qui, en partie composé de personnes en difficulté, remettra le prix de l’association à un film choisi parmi cinq longs métrages.

 

Toutes les informations sur www.festival-droitsdelhomme.org

Jacques Duffaut
Homme levant les bras
Plus d'informations
Droits humains
# sur le même thème