Focus : dans Container 158, la stigmatisation des Roms

Publié le 09/03/2014
 

Claire Sabah, chargée de projets au département Accueil et droits des étrangers au Secours Catholique, interviendra à la suite de la projection du documentaire Container 158 lundi 17 mars. Ce documentaire de Enrico Parenti et Stefano Liberti raconte la vie quotidienne de plus de 1000 Roms parqués dans un camp à la périphérie de Rome en Italie. Claire Sabah apporte un éclairage français sur cette situation.


 

Vous dénoncez une stigmatisation grandissante des Roms. Pourquoi ?

Depuis les événements de l’été 2010, la parole s’est libérée chez les élus stigmatisant de plus en plus les personnes étiquetées Roms. Malheureusement, le changement de gouvernement n’a rien changé à cet état de fait. Manuel Valls reste dans la lignée de la politique menée par le précédent gouvernement.

La situation des Roms a-t-elle évoluée en terme de logement ?

Non. L’année 2013 est celle qui compte le plus d’évacuations de campements illicites depuis 2010. Et ce, sans qu’il n’y ait de véritables solutions de relogement proposées comme le stipule la circulaire d’aout 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicite.

Toutefois un plan national de résorption des bidonvilles est actuellement en cours de réflexion au gouvernement. Le bailleur Adoma, anciennement Sonacotra, a été désigné opérateur unique de cette mission pour trois ans. Nous, Secours Catholique, plaidons pour laisser le temps à l’accompagnement des familles afin de trouver des solutions de relogement adaptées, dignes et durables, dans le droit commun, quitte à passer par un aménagement du bidonville.

Pensez-vous qu’ils pourront être relogés dans des villages d’insertion ?

Je ne pense pas, même si cette solution sera sans doute encore utilisée. À mon avis, il ne faut pas que les personnes dites "Roms" soient parquées dans un même endroit. Elles doivent être mélangées à la population. Par ailleurs, Adoma est un bailleur et n’a pas forcément tous les moyens pour accompagner les personnes. Des associations comme la nôtre pourront s’en charger si un partenariat est trouvé.

Dernièrement, les Roms ont-ils accès plus facilement à l’emploi ?

La levée des mesures transitoires au 1er janvier dernier pour les citoyens roumains et bulgares a grandement simplifié l’accès au marché du travail pour les Roms vivant en France, ces derniers étant en majorité originaires de ces deux pays. Ils peuvent désormais demander du travail comme n’importe quel citoyen européen. Nos bénévoles les aident à s’inscrire à Pôle emploi. La seule difficulté est la domiciliation. Les centres communaux d’action sociale (CCAS) ne domicilient pas alors que cela entre dans leur fonction.

Clémence Véran-Richard
La Délégation de Lille revendique les droits des plus fragiles
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