Guillaume Douet : « S’adapter aux bénévoles »

Publié le 09/09/2014
Guillaume Douet : « S’adapter aux bénévoles »
 

Les attentes des nouveaux bénévoles évoluent, leur accueil au sein du Secours Catholique aussi. Guillaume Douet, responsable du département Bénévolat-engagements solidaires dans l’association, fait le point sur ces changements.

On constate une baisse de l’engagement sur le long terme. Qu’en est-il ?

Il est vrai que la durée d’engagement des bénévoles a diminué. Ils sont aujourd’hui demandeurs de bénévolats plus ponctuels, simples et souples. Mais ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas s’engager à long terme. C’est souvent parce qu’ils ne le peuvent pas. Les nouveaux retraités, par exemple, sont au croisement de trois générations. Un jeune retraité qui s’occupe de ses enfants, de ses petits-enfants et de ses parents ne peut pas s’engager autant qu’il le souhaiterait.

Nous avons aussi une forte augmentation de bénévoles en recherche d’emploi. Ils représentent jusqu’à 50 % de l’effectif total dans certaines délégations. Ils ne sont présents que pour un temps limité. Nous le savons et nous nous adaptons.

Il n’y a donc pas de crise de l’engagement en France ?

Il faut tordre le cou à cette idée. Selon une enquête réalisée par France Bénévolat et Ifop en 2013, le nombre de bénévoles en France augmente. L’évolution réside dans leurs attentes. Les nouveaux bénévoles veulent du concret pour se sentir utiles. Certains aimeraient éviter les réunions, qu’ils estiment être une perte de temps. Or un bénévole isolé est un bénévole en danger. Il peut avoir l’impression d’accomplir sa mission, mais il est essentiel de prendre du recul, de faire de l’analyse de pratique. Cela passe par l’échange.

Comment accueillez-vous les nouveaux bénévoles ?

Nous passons de plus en plus de temps à bien accueillir les bénévoles, ne serait-ce que pour mieux leur présenter le projet du Secours Catholique. Certains veulent participer aux tournées de rue ou faire de l’accompagnement scolaire, qui sont des actions connues. Mais peu d’entre eux savent, par exemple, que nous animons des groupes de parole avec les personnes accueillies. Et lorsqu’ils les découvrent, ils sont enthousiasmés.

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos: © Jean-Luc PERREARD
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