Hébergement d’urgence : escales en Maine-et-Loire

Publié le 24/04/2013
Maine-et-Loire
Hébergement d’urgence : escales en Maine-et-Loire
 

Le Secours Catholique et le 115 gèrent ensemble des lieux d’hébergement individuel dans le Maine-et-Loire. L’objectif : offrir quelques jours de repos à des sans-abri itinérants.

C’est une petite maison de village que rien ne distinguerait des autres sans la plaque “Abri Saint Aubin” accrochée sur sa façade blanche. Depuis deux ans, une équipe d’une quinzaine de bénévoles se relaient pour faire vivre ce lieu de la petite commune des Ponts-de-Cé, à la périphérie d’Angers.

Grâce au financement de la mairie, cette ancienne annexe du presbytère voisin a été reconvertie en un studio confortable qui accueille des sans-abri en quête d’un peu de repos.

Ici, le temps d’une escale de trois jours maximum, ils retrouvent un bien rare : l’intimité. Car ces abris n’accueillent qu’une seule personne à la fois, quand bien même certains pourraient en accueillir deux. « C’est une volonté de notre part, qui correspond à une demande de terrain : toutes les personnes accueillies tiennent à cette solitude », explique Benoît Grellety, animateur du réseau.

Ces SDF ruraux, souvent des hommes de plus de 40 ans, ont quasiment tous basculé dans l’itinérance après une rupture familiale ou professionnelle – l’une succédant souvent à l’autre. De leur passé, ils ne livrent que des bribes. De leur présent, les bénévoles savent simplement qu’ils survivent grâce au RSA ou plus rarement grâce à une allocation chômage ou une petite retraite.

Certains sont des “habitués”, qui tournent d’abri en abri au gré des disponibilités. « Ceux que l’on accueille ont la hantise de passer la nuit dehors », rapporte Paul, l’un des bénévoles de l’Abri Saint-Aubin. Alors, chaque matin, il leur faut contacter le 115 en espérant qu’un des abris soit libre, puis souvent parcourir des dizaines de kilomètres à pied, en bus, en stop avec, dans de lourds sacs, toute une vie à transporter comme un fardeau.

Errance psychologique

En milieu rural, l’existence de sans-abri, moins visible qu’en ville, est « une réalité dont personne ne s’occupe », déplore Benoît Grellety. Alors en 2006, il a décidé de faire vivre un réseau de 34 lieux d’hébergement mis à disposition par les mairies et gérés par le Secours Catholique en partenariat avec les travailleurs sociaux du 115. Un travail conjoint inédit qui porte ses fruits : en 2010, le dispositif a bénéficié à plus de 250 personnes – un chiffre en constante augmentation.

À une trentaine de kilomètres des Ponts-de-Cé, dans le village de Chemillé, le “P’tit Break” fait partie de ces locaux qui ont repris vie depuis que des bénévoles se démènent pour offrir aux sans-abri un accueil de qualité. Face à la souffrance et aux peurs, il faut savoir composer avec chacun des locataires éphémères.

« On réagit avec notre bon cœur, mais parfois le bon cœur ne comprend rien, il est maladroit, à côté de la plaque », confie Caroline, l’une des bénévoles. « L’essentiel est d’être le plus aidant possible, et de croire en la valeur de l’être humain », la rassure Benoît. Tout en reconnaissant la difficulté de la tâche : « Comment créer un lien avec les personnes en errance physique et psychologique ? Comment amener ceux qui y sont prêts vers la réinsertion ? On manque aujourd’hui de moyens d’accompagnement. »

 

Marina Bellot
Crédits photos: © Christophe Hargoues / Secours Catholique-Caritas France
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