Hébergement : la cité des enfants

Publié le 04/12/2014
Essonne
Hébergement : la cité des enfants
 

Longtemps réservée aux mères victimes de violence, la Cité Bethléem, l’une des 18 structures de l’Association des cités du Secours Catholique(ACSC), accueille aujourd’hui des familles sans logement. À la cité, l’enfant est au centre de toutes les préoccupations. Mais les parents ne sont pas oubliés car, comme le dit Kheira Zitouni, chef du service socio-éducatif de la cité, « quand les parents vont bien, les enfants vont mieux  ».

Dans un vaste parc arboré, la Cité Bethléem compte plusieurs habitations en pierre et aux toits d’ardoise. Cet îlot de maisons émerge discrètement de la campagne vallonnée au cœur de l’Essonne, à près de deux heures de route de Paris. « Quand elles arrivent, précise Kheira Zitouni, la directrice reçoit les familles , attire leur attention sur l’isolement du lieu qui n’est qu’apparent, puisqu’ici de nombreux professionnels encadrent les résidents.  »

Pas moins d’une trentaine de professionnels – éducateurs, travailleurs sociaux, infirmières, puéricultrices, tout le personnel de maintenance et de logistique, sans oublier le chef cuisinier – interagissent avec les familles. Un coût pris en charge par la Direction départementale de la cohésion sociale. En fonction de leur taille, les familles occupent les 32 appartements de la cité, du petit deux-pièces au grand quatre-pièces.

En tout, une soixantaine d’enfants et une quarantaine d’adultes. Actuellement, il y a trois familles françaises, mais la majorité sont étrangères car plus fragiles au regard de la législation du travail et du titre de séjour. L’Afrique de l’Ouest est fortement représentée actuellement ; d’autres familles viennent de Pologne, Haïti, Tchétchénie, Vietnam, Roumanie, Arménie, Maghreb…

Un ramassage scolaire transporte les enfants vers les écoles primaires de Souzy et des villages alentours, et les plus grands au collège d’Étampes. À leur retour, ils rentrent à l’appartement familial ou s’installent dans la grande salle commune. Une maman veille sur l’étude du soir et encourage les élèves à s’entraider pour leurs devoirs. Certains jours, les bénévoles du Secours Catholique de Breuilhet, non loin de là, viennent apporter leur soutien aux élèves en difficulté.

En octobre dernier, dix enfants de moins de 4 ans fréquentaient la crèche de la cité. Lorsque les parents viennent chercher leur bambin, Justine, la puéricultrice, leur fait un compte rendu détaillé de sa journée : « Il a très bien mangé aujourd’hui. De la ratatouille, un filet de colin, la moitié d’un petit suisse. Il avait bon appétit. » Justine privilégie les anecdotes : « Les parents aiment beaucoup savoir ce qui a fait rire leur enfant, à quel jeu il a joué, avec qui. » Quand il quitte la crèche, l’enfant emporte avec lui un album photo retraçant les événements auxquels il a participé.

Privilégier le bien-être des parents et de leurs enfants

Que leurs enfants soient grands ou petits, les parents sont encouragés à leur consacrer du temps : pour surveiller les devoirs (même s’ils ne s’en sentent pas capables), pour jouer ensemble, cultiver le potager mis à leur disposition, pour partir en vacances librement ou dans le cadre de formules proposées par le Secours Catholique.

Lorsque les enfants sont à l’école ou de sortie, la cité s’intéresse au bien-être des parents. S’ils n’ont pas de permis de travail, les pères peuvent aider aux travaux de la cité : tonte des pelouses, ramassage du bois, entretien du potager. Hommes et femmes sont invités à participer à une multitude d’ateliers qui vont de l’alimentation équilibrée des repas à “l’image de soi”, en passant par “comment rechercher du travail”.

Halima et son mari sont algériens. Arrivés en France en 2009 avec leurs trois enfants, ils ont d’abord été hébergés dans un hôtel de Bobigny. En 2010, ils se sont vu proposer la Cité Bethléem. Dans quelques jours, ils la quitteront car ils viennent d’obtenir un titre de séjour et le père a trouvé un emploi.

« En quatre ans, se réjouit Halima, j’ai appris le français avec l’association ABCDE d’Étampes, j’ai pris des cours de cuisine et de secourisme, j’ai suivi de nombreux ateliers qui enseignent comment éviter les accidents domestiques, comment soigner son enfant. Tout est organisé autour de l’enfant. Ici, les enfants sont rois. »

Sergiu, un jeune garçon roumain de 10 ans qui vit seul avec sa maman, tire les mêmes conclusions : «  C’est l’endroit où j’ai été le plus heureux jusqu’ici. »

Jacques Duffaut
Crédits photos : © Xavier Schwebel / Secours Catholique-Caritas France
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