Hébergement : les associations attentives à la fin du plan hivernal

Publié le 31/01/2013
Indre-et-Loire, Isère
 

À deux mois de la fin du plan hivernal, les associations qui accompagnent les personnes sans-abri s’interrogent sur la sortie de l’hiver. « L’État a ouvert environ 19 000 places, mais en majorité dans des gymnases, des casernes ou des hôtels. Elles ne pourront pas être pérennisées », redoute Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), dont fait partie le Secours Catholique.

En octobre dernier, Cécile Duflot, ministre de l’égalité des territoires et du logement, avait pourtant annoncé que, territoire par territoire, des projets de sortie de la période d’hiver seraient proposés avant fin janvier. Ces projets devaient naître d’une concertation entre services de l’État, collectivités locales, établissements publics, associations, bailleurs, et personnes accueillies.

Une concertation entre collectivités locales et associations

« La circulaire appelant les collectivités à mettre en place ces rencontres n’est parue que le 4 janvier, déplore Charlotte Niewiadomski, responsable du département De la rue au logement au Secours Catholique. Nous craignons déjà que dans le cadre du plan hivernal 2013, les solutions pour éviter le retour à la rue des personnes accueillies arrivent trop tard. »

Pour l’instant, dans les départements français, les délégations du Secours Catholique notent des situations très diverses.

A Tours, lors d’une rencontre avec la Direction départementale de la cohésion sociale à la préfecture, « les instances préfectorales se sont clairement engagées à abolir la logique saisonnière pour répondre à la question des sans-abri » témoigne Pierre Boscredon, animateur à la délégation d’Indre-et-Loire. Par contre, à Angers, la gestion du plan hivernal fait peser des doutes sur l’avenir. « Les personnes sans-abri ont d’abord été accueillies dans un gymnase sans chauffage, confie Benoit Grellety, animateur au Secours Catholique du Maine-et-Loire, avant d’être installées dans des préfabriqués… sans eau courante. Les conditions d’un accueil digne n’ont jamais été remplies. »

Quant à Grenoble, le constat est contrasté : « D’un côté, nous sommes très inquiets, indique Chantal Morineaux, animatrice pour la délégation de l’Isère. Dans leurs discours, le Conseil général et la préfecture semblent craindre un afflux de demandes s’ils proposent trop d’hébergements. On sent aussi que les financements publics ne suivent pas. Et d’un autre côté, un dialogue est aujourd’hui présent. L’an dernier, nous n’avions même pas été reçus quand nous demandions à rencontrer les pouvoirs publics locaux sur cette question. »

L’errance institutionnelle

Reste un problème majeur : en journée, les bénéficiaires de l’hébergement d’urgence affluent dans les accueils de jour des délégations du Secours Catholique. « Nous aimerions que les concertations promises par l’État nous permettent de réfléchir ensemble à des solutions évitant l’errance institutionnelle, qui empêche les personnes sans domicile fixe d’accéder à une stabilité », explique Victoire Le Cœur, chargée de projets du département De la rue au logement au Secours Catholique.

Le 31 mars, la trêve hivernale prendra fin. En attendant, le "collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées", dont le Secours Catholique est membre, surveille l’évolution des discussions pour des propositions de relogement.

Sophie Lebrun

©Christophe Hargoues/Secours Catholique
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