Inondations dans le Sud-Ouest : « À tous, on peut tout »

Publié le 01/07/2013
Nouvelle Aquitaine, Occitanie
 

Le gouvernement a officiellement reconnu, samedi 29 juin, l’état de catastrophe naturelle pour les régions du Sud-Ouest touchées par d’importantes inondations le 19 juin dernier. Depuis dix jours, les délégations du Secours Catholique de Pyrénées-Gascogne et des Pays de l’Adour sont mobilisées auprès des sinistrés.

Selon les habitants de la région, les inondations qui ont frappé les Hautes-Pyrénées le 19 juin dernier sont les pires connues depuis 1937. Trois personnes décédées, des villages dévastés, les sanctuaires de Lourdes inondés, une économie locale et touristique noyée : le bilan s’annonce lourd. Le gouvernement n’a pas tardé à réagir : samedi 29 juin, l’état de catastrophe naturelle a été officiellement reconnu.

Depuis le début de l’urgence, les délégations du Secours Catholique de Pyrénées-Gascogne et des Pays de l’Adour sont mobilisées pour venir en aide aux sinistrés. Elles sont épaulées par l’équipe nationale « Urgences France » de l’association, qui s’est rendue sur place dès le 20 juin dernier. L’équipe coordonne les différentes opérations et accompagne la vingtaine de bénévoles engagés sur le terrain, qui viennent parfois des régions voisines.

Sur place, les équipes effectuent des visites à domicile – après avoir été formées – pour apporter un soutien moral aux familles et une aide matérielle lorsqu’elles en font la demande. À Luz-Saint-Sauveur, sur 35 familles touchées par les inondations, une trentaine ont été visitées par les bénévoles du Secours Catholique.

Les délégations Pyrénées-Gascogne et Pays de l’Adour sont également en lien avec les mairies et d’autres associations pour répondre aux besoins particuliers des familles.

« Un réel rapport humain »

« Il y a un réel rapport humain entre les équipes et les mairies, qui se sont montrées particulièrement disponibles. Nous avons autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de nous », explique Bernard Mazeran, responsable de l’équipe nationale « Urgences France » du Secours Catholique, qui aime à citer le mot d’ordre de ses équipes : « À tous, on peut tout. »

« Les personnes que nous avons rencontrées sont effrayées et dans une grande détresse. Elles n’ont jamais vu ça », racontent les bénévoles. « Ce qui a le plus touché, ajoute Bernard Mazeran, c’est l’accueil des familles sinistrées. Malgré les circonstances, elles essayaient de sourire et de montrer aux bénévoles à quel point elles leur étaient reconnaissantes d’être là pour les réconforter. »

Dans certains villages de montagne, la situation reste compliquée. À Barèges, les membres de l’équipe Urgence ont découvert un bourg de montagne dans un état « apocalyptique », « un décor de guerre »… Il s’agirait de nombreuses résidences secondaires, mais également d’habitations permanentes pour quelques-unes. Un aménagement est prévu dans les jours qui viennent pour loger l’ensemble des personnes qui le souhaitent et fournir le village en nourriture.

Vers une catastrophe économique et sociale ?

La situation économique et sociale du département, et notamment dans la ville de Lourdes, est elle aussi préoccupante. Deuxième ville hôtelière de France après Paris, la cité mariale fait vivre des milliers de personnes. Or, près de 40 hôtels lourdais inondés ferment leurs portes pour la saison 2013.

Le sort des salariés, des commerçants et des fournisseurs liés aux hôtels, est aujourd’hui très incertain. Sans oublier les travailleurs saisonniers de Lourdes et des hautes vallées de la région qui vont se retrouver au chômage, sans garantie de pouvoir toucher d’aides de l’État.

Un concert de solidarité, organisé à l’initiative de la mairie de Tarbes et au profit de toutes les victimes des inondations, à Lourdes comme dans les vallées des Hautes-Pyrénées, est organisé lundi 1er juillet à partir de 19 heures à Tarbes, en présence de nombreux artistes locaux tels que « Boulevard des airs ». Le billet d’entrée fixé à 10 euros sera reversé intégralement aux associations caritatives qui agissent aux côtés des sinistrés.

Sophie Lebrun (avec Margaux Dugoujon et Jean-François Courtille)
© Jean-François Courtille/Secours Catholique
Caritas Jerusalem en soutien à Gaza
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