Intégration : et si la solution était l’accueil ?

Intégration : et si la solution était l’accueil ?

Publié le 07/11/2019
France
 
Les personnes et familles qui viennent d’Afrique, du Moyen-Orient ou de l’Est de l’Europe ne pourraient pas vivre en harmonie avec nous, car elles seraient trop différentes de nous. D’ailleurs notre mode de vie, notre culture et nos valeurs ne les intéresseraient pas.
Ces idées, largement relayées lors du récent débat sur l’immigration, ont peu à peu infusé dans l’opinion publique ces dernières années, nourrissant la peur d’une contre-société concurrente et hostile. Dans ce discours confus, la situation des « nouveaux migrants » est souvent assimilée au risque terroriste et à des problèmes sociaux engendrés par plusieurs décennies de ghettoïsation.
À contre-courant de cette vision angoissée, un peu partout en France, des milliers de Français et de personnes migrantes expérimentent quotidiennement le vivre ensemble, sa simplicité comme ses difficultés. Au repli sur soi, ils ont préféré la rencontre.  
 

« On ne peut plus intégrer les étrangers qui arrivent dans notre pays, parce qu'ils sont trop nombreux. Et on ne le fait plus, ou en tout cas très mal », Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, le 10 octobre sur BFM TV. « Je pense que nous avons loupé ces dernières années l'intégration telle que nous aurions dû la réussir », Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, le 7 octobre sur France Inter.  « Si l’immigration pose un problème, c’est que l’intégration ne marche plus », Jean-Pierre Chevènement, le 7 octobre sur BFM TV. « La France peut être encore plus forte en accueillant mieux », Aurélie Taché, député La République en marche du Val-d’Oise, le 23 septembre, à l’Assemblée nationale. 

À l’occasion du débat parlementaire sur l’immigration, voulu par le président de la République Emmanuel Macron, la question de l’intégration est revenue en force sur la scène politique, semblant relayer une inquiétude d’une partie de l’opinion publique. Selon une enquête Ipsos de juin 2019, près de deux tiers des Français sont convaincus que les personnes réfugiées ne peuvent pas s'intégrer à la société d’accueil. D’après un sondage Ifop réalisé en décembre 2018, un Français sur trois pense que les personnes immigrées ne veulent pas s’intégrer.

Peur d'une contre-société

Largement instrumentalisée, la question migratoire remue la peur d’un choc des cultures qui occasionnerait des fractures au sein de la société française, voire l’organisation d’une contre-société, concurrente et hostile. Pourtant, chaque jour, un peu partout en France, en marge des débats politiques et des discours alarmistes, des liens se nouent. À travers des initiatives associatives ou citoyennes, des milliers de Français et de migrants font quotidiennement l’expérience du vivre ensemble. 

 
Intégration : et si la solution était l’accueil ?
Guy-Michel Du Repaire et Fofana Abdoul Gadry, au Fabrik Café, à Angers.
 

Au Fabrik Café, dans la banlieue angevine, une trentaine de personnes s’activent en cet après-midi pluvieuse du mois de septembre. Ouvert en 2016 par plusieurs associations dont le Secours Catholique, le lieu abrite des ateliers de réparation de vélos et de rénovation de meubles. Des rires fusent depuis la cuisine où l'on discute en buvant un café, avant de se lancer dans la préparation de gâteaux pour le goûter.

Le Fabrik Café a été imaginé pour les personnes qui n’ont pas accès à l’emploi, dans le but de leur permettre de rencontrer du monde et surtout de rester actives. « Certaines ont des problèmes de santé, d’autres sont au chômage depuis longtemps, détaille Jean-Michel Lenoir, le président de la structure. Enfin, beaucoup sont demandeuses d’asile et n’ont pas le droit de travailler. » Parmi elles, la plupart viennent d’Afrique subsaharienne : de Guinée, du Mali, du Sénégal, de Centrafrique, du Nigéria, de Somalie, du Togo… et sont en France depuis quelques semaines ou quelques mois, parfois des années.

« Est-ce que les différences de culture et de religion empêchent un vivre ensemble entre personnes migrantes et françaises ? » La question semble décontenancer Guy-Michel Du Repaire, bénévole à l’atelier menuiserie. Elle ne le choque pas, mais elle lui paraît tellement décalée au regard de ce qu’il vit ici, qu’il est pris de court.
 

Dans la réalité, ce n’est pas comme cela que ça se passe.

Père Jean-Michel Puyau, à Tarbes.

Même instant de flottement dans la salle polyvalente de l’église Sainte-Thérèse, à Tarbes. Depuis quinze ans, cette paroisse du centre-ville accueille, dans des appartements attenants à l’église, des familles originaires le plus souvent d’Arménie, de Géorgie et d’Albanie qui ont été déboutées de leur demande d’asile. « Je vis au milieu d’eux et ça se passe vraiment sans problème », assure le père Jean-Michel Puyau, qui ne sait pas trop quoi dire d’autre tant la réponse lui semble évidente.

Guy-Michel Du Repaire comprend les craintes qui peuvent agiter une partie de la société « mais dans la réalité, ce n’est pas comme cela que ça se passe », assure-t-il À côté de lui, Abdoul, 28 ans, un Guinéen licencié en administration publique et présent en France depuis le mois de mai, écoute attentivement. Lui aussi conçoit qu’on puisse avoir peur, « mais pour savoir qui est une personne, comprendre ce qu’elle veut, voir si tu peux vivre avec elle, il faut avoir un contact avec elle, estime le jeune homme. Sinon tu juges sans connaître ». 

 

« Avec mes amis français, je ne trouve pas qu’on soit si différents, on rit des mêmes choses, on réagit de la même manière », témoigne Leila, 16 ans. La jeune lycéenne est arrivée d’Azerbaïdjan il y a deux ans avec ses parents et son grand frère. « Si je deviens amie ou pas avec une personne, je ne pense pas que cela dépende de la culture, mais plutôt du caractère », croit-elle.

Leila vit avec sa famille et 80 autres personnes migrantes dans un ancien Formule 1 transformé en centre d’hébergement pour demandeurs d’asile, à Séméac, dans la périphérie de Tarbes. Le projet d’ouverture du lieu avait créé des remous en 2017. Un collectif de riverains avait bâti un mur pour barrer l’accès au bâtiment. Aujourd’hui, « plus personne n’en parle, c’est que tout va bien », se réjouit le maire Philippe Baubay. La greffe a pris dans le quartier. « Il m’arrive parfois de régler des petits problèmes de voisinage comme j’en traite des dizaines d’autres entre Séméacais : des ballons de foot qui atterrissent dans le jardin du voisin, du bruit ou de la lumière à l’extérieur le soir. » 

Un long tunnel

Contraints à l’oisiveté par leur statut administratif qui leur interdit de travailler, des parents cherchent des activités pour échapper au huis-clos. Ali Ulvi, originaire d’Istanbul, fait l’inventaire de sa vie sociale séméacaise : « Je suis bénévole aux Restos du cœur, je participe à l’atelier de poésie de la bibliothèque municipale, j’ai même assisté à une conférence sur la langue occitane. Ça ne m’intéresse pas plus que ça, précise-t-il, en riant. Mais c’était pour connaître la culture. »

Cet ingénieur turc, arrivé dans les Hautes-Pyrénées en août 2018 avec sa femme et leurs deux enfants, compare la migration à « un long tunnel sombre ». Dans ce tunnel, explique-t-il, « les associations et les personnes qui nous aident sont autant de lumières. L’aide alimentaire, les vêtements, les cours de français, les cours de piano, les visites de musées, les invitations à manger… Tout est important. Chaque geste contribue à sa manière ». 
 

Lire aussi notre article « Migrants : travailler pour exister »


Pour beaucoup de personnes migrantes, les bénévoles des associations ou des collectifs citoyens constituent leur seul lien avec la société française, et parfois leur premier cercle amical. Hébergé par le 115, en attente d’une réponse à sa demande d’asile, Qasim Sharifi (sur la photo ci-dessous, à gauche) se rend depuis quatre mois à la Maison des talents partagés, dans le quartier Maladière, à Dijon. Il aide à préparer les repas et à entretenir le potager. Ça lui évite de penser en boucle à sa situation. « Ça me permet aussi de rencontrer des gens, de connaître la culture des Français, ajoute le jeune Afghan de 21 ans. Et d’utiliser les mots que j’ai appris pendant mes cours de langue, comme ça je ne les oublie pas. »

Quand Félicité Mukandutye (sur la photo ci-dessous, à droite), réfugiée rwandaise, discute avec le jeune homme, elle se revoit 20 ans en arrière. Cette aide-soignante de 63 ans, bénévole à la Maison des talents, a vécu le même parcours lors de son arrivée en France. « On enferme les personnes dans une situation dans laquelle elles se trouvent à un instant T de leur vie, regrette-t-elle. Migrant n’est pas une identité. Quand votre situation change, vous évoluez aussi. »

 

 

En rompant l’isolement des personnes, les lieux comme la Maison des talents évite à certaines d’entre elles « de tomber dans la dépression ou dans des pièges comme la délinquance et la drogue, affirme Félicité. Ça leur permet de penser qu’on peut s’en sortir. C’est une première intégration dans la société. »

Qasim confirme. En septembre 2018, le jeune Afghan a passé vingt jour à l'hôpital psychiatrique de Dijon. « Je n'avais pas d'argent, pas de maison, je ne voyais pas d'issue à ma situation, c'était trop dur, confie-t-il. J'ai craqué moralement. »

C'est la même sensation d'impasse - « que tout t'est interdit » - qui a poussé Glory Ojbemudia à tenter de mettre fin à ses jours, il y a trois ans. « Tu as dû quitter ton pays. Et tu es dans un nouveau pays qui ne veut pas de toi. Je me suis dit : "Si aucun pays ne veut de moi, la seule chose, c'est de mourir" », raconte le jeune demandeur d'asile nigérian, aujourd'hui pilier de la Maison des talents. 

À Angers, Abdoul confirme. « Tu fuis des contraintes dans ton pays. Tu arrives ici et tu es rejeté. Si tu encaisses tous ces problèmes seul, sans activité, sans personne avec qui discuter, tu peux finir par péter les plombs », assure le Guinéen. 
 

C’est grâce aux réseaux de nos amis français que nous avons pu tout de suite trouver du travail et un logement.

Anna Gasparian.

Anna et Artashes Gasparian, un couple d’Arméniens, parents de trois enfants, ont vécu cinq ans sans papiers avant d’être régularisés, début 2013, grâce à la circulaire Valls. Anna évoque une période dure, « même si je faisais tout pour rester optimiste ». La jeune femme a traversé une dépression et une crise d’anorexie.

Aujourd’hui, elle rayonne dans le coquet salon de son appartement HLM, à Tarbes. Après avoir été serveuse quelques années dans un restaurant chic du centre-ville, elle fait le ménage chez des particuliers et dans un cabinet de kinésithérapeute. Artashes, lui, a travaillé quelques temps chez Orange, dans l’installation de la fibre optique. À cause de douleurs à l’épaule, il a dû se reconvertir et travaille désormais dans une entreprise de restauration de meubles. « On vit bien, même très bien », se réjouit Anna. Lorsqu’on lui fait remarquer son léger accent du sud-ouest, elle rit. « Ma belle-sœur qui vit à Nancy se moque de moi. Elle dit que je ne parle pas joli. »

L’accueil et l’accompagnement de paroissiens de Sainte-Thérèse ont joué un rôle primordial dans leur intégration, affirme-t-elle : « C’est avec eux que nous avons appris la langue, les codes et la culture française. C’est grâce à leurs réseaux que nous avons pu tout de suite trouver du travail et un logement. Sans tout cela, nous n’aurions jamais pu être autonomes aussi rapidement. » 

comprendre où on vit

« Pour pouvoir nous intégrer, il faut que nous comprenions où l'on vit et qui vous êtes, estime Araskya Zohrabyan, jeune professeure d'anglais et demandeuse d'asile arménienne, actuellement logée avec son mari et ses deux enfants au centre d'hébergement de Séméac. Il faut connaître les codes, ne serait-ce que des choses toutes bêtes comme quand et comment on remercie, l'importance du sourire lorsqu'on dit "merci". »

Au foyer Don Bosco d'Odos, un village voisin, où la famille a vécu quelques mois avant d'arriver à Séméac, des sorties étaient régulièrement organisées. « Ils nous ont amené à Lourdes pour nous montrer l'église, nous raconter l'histoire, raconte Araskya. C'était super. C'était une manière de nous dire : "Voilà qui nous sommes, voici  notre histoire." »

 
Intégration : et si la solution était l’accueil ?
Anna Gasparian et Thésie Maraval, de l'équipe paroissiale de Sainte-Thérèse, chez Anna, àTarbes.
 

À Tarbes, toutes les familles logées par la paroisse Sainte-Thérèse, depuis 2002, ont fini par obtenir des papiers. « Aujourd’hui, elles font leur vie, mais elles continuent de nous appeler pour donner et prendre des nouvelles », raconte Sœur Albert Marie, dite « Sam ». Quand Sam est malade, Naiada, une jeune albanaise, lui propose de faire ses courses. Parfois, c’est Eka, une mère de famille géorgienne aujourd’hui installée dans le quartier, qui l’appelle « pour savoir si je n’ai besoin de rien ».

Pour Samuel Brown, coordinateur du dispositif JRS Welcome, le programme d'hospitalité et d'hébergement temporaire de JRS France, ces petits gestes d’attention à l’autre, signes d’une réciprocité dans l’échange, ont leur importance.

Lorsqu’un demandeur d’asile est accueilli par une famille, « nous discutons avant avec lui, notamment pour lui faire comprendre que la famille qui ouvre sa porte recherche aussi quelque chose dans cette rencontre, explique Samuel Brown. Que participer à une vie de famille, ce n’est pas seulement faire attention à ne pas faire de bruit quand on rentre le soir, mais c’est aussi partager des temps de convivialité. Qu’il est une sorte d’ambassadeur. »

comme tout le monde

Marie-Claude Castaings, de l’association Citoyenneté et partage à Séméac, rejoint cette idée d'ambassadeur : « C’est très important que les familles sortent du centre d'hébergement et aillent au contact des autres habitants pour montrer qu’elles sont comme tout le monde », insiste-t-elle. 

À Dijon, la Maison des talents partagées, principalement fréquentée par des personnes migrantes depuis son ouverture il y a un an, veut communiquer davantage avec les acteurs sociaux du quartier afin qu'ils orientent vers elle les familles françaises en précarité. « C'est important de mettre tout le monde ensemble, pour discuter des problèmes de tout le monde et trouver des solutions pour tous, pense Glory, le jeune Nigérian. Si on fait un lieu pour les migrants et un autre pour les Français, les Français vont penser : "Ils ne sont pas comme nous", et nous, on va penser la même chose. »
 

Il faut que quelqu'un fasse le premier pas.

Fofana Abdoul Gadry, demandeur d'asile guinéen.

« Nous aussi, on a peur, explique Fofana Abdoul Gadry, un jeune demandeur d'asile guinéen qui fréquente le Fabirk Café, à Angers. On vient d'arriver, on a peur d'aller voir les gens, de leur réaction, qu'ils pensent qu'on veut leur demander quelque chose. Donc, on ne va pas oser les saluer, alors que peut-être eux-mêmes veulent nous saluer mais n'osent pas. Il faut que quelqu'un fasse le premier pas, dit-il en riant. Quand je suis arrivé tout à l'heure, tu m'a salué, je t'ai salué, tu m'as dit ton nom, je t'ai dit le mien. Donc ça va quoi, là on peut tout se dire. »

 

À Saint Mamert, un village de 1500 habitants dans le Gard, François Dufau préside un collectif de bénévoles qui accompagne depuis un an une famille de réfugiés syriens. « Comme partout, ce n’est pas forcément facile de tisser des liens », assure François, fort de sa propre expérience de « Parisien » débarqué il y a douze ans. Pour y contribuer, le collectif a obtenu pour la famille une parcelle au jardin partagé. « Cela leur permet d’être en activité, en attendant de pouvoir travailler, et de rencontrer du monde. Ils échangent des conseils, des outils. Les autres se disent : "Tiens, ils cultivent leur jardin comme nous". »

La dynamique est fragile, précise le bénévole : « Un jour des cultures ont été piétinées sans que l’on sache par qui. Leurs enfants ont été immédiatement mis en cause par les autres jardiniers. Du coup, on a fait une réunion, on a établi une règle selon laquelle tout parent était responsable de ses enfants dans le jardin. Et cela a apaisé les esprits. »

Si Rihab, la mère de famille, n’ose pas trop sortir de chez elle, un peu déprimée par sa situation et intimidée par les regards « parfois durs » dans la rue, Noomer, son époux, se rend systématiquement au terrain de jeu après avoir récupéré ses enfants à l’école. Et il discute avec d’autres parents. « Les gens se rendent compte qu’ils n’ont pas le couteau entre les dents », s’amuse François. Les choses se font petit à petit. Il y a quelques semaines, Siwar, le garçon de six ans, a été invité à un goûter d’anniversaire. François se souvient : « Ses parents étaient heureux. »

 
Les moteurs de l'engagement
 
Qu’est-ce qui pousse des milliers de Français et Françaises à s’engager aujourd’hui dans l’accueil des migrants ? Pour les paroissiens de l’église Sainte-Thérèse, à Tarbes, ça a été l’appel du pape Jean-Paul II, « Ouvrez les portes », en 2002, qui faisait écho au passage de l'évangile selon Saint Matthieu : « J'étais un étranger et vous m'avez accueilli. »
À Séméac, si l’investissement d’Annie Baylac, militante communiste, est mû par ses idées politiques, celui de sa sœur Marie-Claude Castaings « est plus spontané ». Cette professeure de sport à la retraite raconte avoir été choquée par la construction dans la commune d’un mur empêchant l’accès au centre d’hébergement pour les migrants.
Samuel Brown, coordinateur du programme jésuite d’hospitalité JRS Welcome, retrouve ces différentes motivations chez les familles qui le contactent : « Il y a des militants engagés qui cherchent un cadre pour accueillir. D’autres ont entendu l’appel du pape François et souhaitent casser leurs préjugés. Enfin, des personnes, ni militantes ni croyantes mais choquées par la situation, veulent se rendre utiles. »
Il arrive parfois que des familles expriment le souhait d'accueillir spécifiquement « des chrétiens », mais les cas sont rares. D'une manière générale, Samuel Brown ne note pas de réelle appréhension, « à part celle de l'inconnu mais qui est liée à l’hospitalité en général, migrants ou non : on est bien dans sa routine et on appréhende l’arrivé d’un facteur nouveau ». Il peut aussi y avoir la crainte du « qu’en dira-t-on », de devoir justifier son choix auprès de la famille, des amis. Mais pas de grosse crainte par rapport aux différences culturelles ou religieuses, affirme Samuel Brown. « La position majoritaire des familles est plutôt : "Si la personne est ouverte et qu'elle veut découvrir comment vit une famille française, notre porte est ouverte" »
Ces engagements pluriels ont connu un essor renouvelé, à partir de 2015, observent Estelle d’Halluin et Elsa Rambaud, du collectif de recherche EFAA, qui travaillent sur les cadres de l'action altruiste. « Les dissensus entre États européens sur l’accueil des réfugiés, les discours nationalistes et les politiques sécuritaires n’ont pas épuisé cet élan de solidarité, mais l’ont parfois au contraire renforcé », notent-elles .
Benjamin Sèze.
Crédits photos : ©Steven Wassenaar / Secours Catholique
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