Italie : une mobilisation locale et européenne

Publié le 31/01/2014
Italie : une mobilisation locale et européenne
 

Entre la côte italienne et celle de l’Afrique s’étendent 290 km de mer. Ce trajet, des milliers de réfugiés le font chaque année. Un grand nombre d’entre eux n’arrivent jamais à destination. 25 000 personnes sont mortes en Méditerranée ces vingt dernières années, selon José Angel Oropeza, directeur du bureau de la coordination pour la Méditerranée de l’Organisation internationale des migrations (OIM). L’année 2011 a été particulièrement meurtrière avec 2000 disparus en mer. Cette année-là, l’Italie était le 4e pays d’accueil des demandeurs d’asile parmi les 44 pays industrialisés dans le monde.

« La crise tunisienne a entraîné un afflux important, se souvient Olivero Forti, responsable du département immigration à Caritas Italie. Les chiffres varient en fonction de la situation politique en Afrique. »

Une fois arrivés, les demandeurs d’asile, dûment enregistrés auprès de la police, peuvent espérer bénéficier d’une chambre dans un centre d’hébergement public. « Mais il n’existe pas plus de 8 000 places aujourd’hui, déplore Olivero Forti. En 2014, le gouvernement devrait en construire 16 000, mais il reste réticent à débloquer des fonds pour accueillir les réfugiés. »

« Face aux guerres, les gens fuient »

Dans les diocèses, les équipes de Caritas sont fortement mobilisées pour améliorer l’accueil des réfugiés. Elles soutiennent les demandeurs d’asile pour trouver un toit, de la nourriture, un travail, remplir les formulaires administratifs… Plus d’un tiers d’entre elles disposent d’un service d’accompagnement des réfugiés.

À Vintimille-San Remo, ville voisine de Nice, les réfugiés sont nombreux à chercher à rejoindre d’autres pays européens. « Il y a eu des périodes avec de grands mouvements, relate Maurizio Marmo, directeur du bureau local de Caritas. Face aux guerres, les gens fuient. » Près de la gare, le centre d’accueil de la Caritas est géré par 8 salariés et environ 60 bénévoles. « Nous proposons aux personnes que nous recevons des cours de langue, une aide administrative, un accès à des douches, une cantine pour qu’ils puissent se restaurer le soir… » Pendant les périodes de fortes arrivées, les paroisses des alentours mettent en place des distributions d’urgence.

Dès 1990, Caritas Italie a entrepris la rédaction annuelle d’un “rapport sur l’immigration et le trafic humain”. « Ainsi, nous sensibilisons les Italiens, souligne Olivero Forti. Notre travail d’analyse et d’observation du terrain est reconnu des autorités publiques. »

Depuis ces dernières années, l’association développe une approche régionale pour mieux répondre à l’afflux de migrants. L’entraide entre structures lui paraît fondamentale : au plus près du terrain, avec notamment des liens entre les bénévoles du Secours Catholique des Alpes-Maritimes et ceux de Caritas Vintimille-San Remo, mais aussi au niveau européen. « Depuis quatre ans, nous animons des rencontres annuelles, “Migramed”, avec les autres Caritas de la Méditerranée pour échanger nos informations et nos pratiques d’un pays à l’autre », explique Olivero Forti. La prochaine aura lieu en juin, à Athènes.

Sophie Lebrun

© Italian Navy/Maxppp
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