La maison « Ruelles » accueille en urgence des femmes isolées à Toulouse

Publié le 28/04/2015
Toulouse
La maison « Ruelles » accueille en urgence des femmes isolées à Toulouse
 

L’Association des Cités du Secours Catholique (ACSC) accueille des personnes sans domicile fixe dans des centres d’hébergement. La maison “Ruelles” accueille en urgence des femmes isolées à Toulouse.

Elles mitonnent leurs repas, dépoussièrent leur chambre et nettoient leurs vêtements sans le concours de quiconque. Elles, ce sont ces femmes sans-abri qui logent à Toulouse dans un hébergement d’urgence un peu particulier, appelé “Ruelles”.

Le terme est une contraction de “Rue” et de “Elles”. Mis sur pied par l’Association des Cités du Secours Catholique (ACSC) en décembre 2012, Ruelles fait partie des trois projets retenus cette année par le Fonds de soutien aux projets innovants de l’ACSC. Il sera présenté en détail les 27 et 28 mars, lors des deuxièmes Journées de l’innovation de l’ACSC.

La création de ce centre répondait à un constat simple et tragique : fin 2012, 95 % des demandes d’hébergement formulées au 115 de Toulouse étaient refusées. En cause, l’explosion des requêtes et la saturation des centres d’urgence

 

Retrouver un toît

Sur les 103 femmes accueillies en 2013 par Ruelles, 66 % sont sorties de la maison avec une solution d’hébergement.

 

Dispositif à taille humaine

Chaque jour, 15 à 20 femmes n’obtenaient pas satisfaction. Les responsables du 115 ont alors demandé aux acteurs sociaux de réfléchir à des solutions. L’ACSC a proposé l’ouverture d’un hébergement d’urgence pour femmes, forte de son expérience auprès des femmes sans-abri – elle gère à Toulouse depuis six ans le gîte Vélane, qui accueille des femmes isolées.

La mairie, enthousiaste, a soutenu le projet. Elle a rénové et mis à la disposition de l’ACSC une maison située dans le quartier Saint-Michel de Toulouse. Cette habitation peut ainsi accueillir huit femmes.

Sa taille moyenne en fait une structure à mi-chemin entre un logement d’insertion individuel et un centre d’hébergement plus massif. « C’est un dispositif à taille humaine, résume Nathalie Fasan, travailleuse sociale à Ruelles. L’ambiance y est conviviale, voire familiale. » « On se fait des amies », ont même souligné certaines femmes lors des entretiens menés par l’équipe sociale.

 

L’autonomie, pierre angulaire du projet

Les femmes isolées peuvent demeurer au minimum un mois dans ce centre. Cette “mise à l’abri” leur donne le souffle et le temps nécessaires pour reprendre pied. En attendant, elles participent activement à la vie en communauté. L’autonomie est en effet la pierre angulaire du projet Ruelles.

« Ces femmes viennent souvent ici parce qu’elles sont victimes de violences, explique Philippe Gibaud, le directeur du territoire Sud-Ouest de l’ACSC. Elles sont donc tout à fait capables d’être autonomes dans la vie quotidienne. Il s’agit de ne pas les infantiliser. »

Dans les faits, toutes ne sont pas en mesure de se prendre en charge. Un seul et unique critère détermine l’entrée dans ce centre : la détresse sociale. Cela signifie que certaines femmes souffrant de problèmes psychiatriques sont acceptées. Mais elles bénéficient alors du soutien des autres femmes. « Il y a une communauté de soutien informelle qui se crée autour des personnes souffrant de pathologies », confirme Nathalie Fasan.

Ces femmes s’appuient les unes sur les autres. C’est le principe du fonctionnement solidaire

Au besoin, ces femmes peuvent se reposer sur une autre béquille : la présence permanente dans la maison d’un couple d’hôtes en insertion. Il se charge d’insuffler du lien social et de leur fournir des renseignements pratiques.

 

Violences conjugales, ruptures familiales

La moitié d’entre elles sont demandeuses d’asile ou sans-papiers. Beaucoup ont été victimes de violences conjugales, d’autres, plus jeunes – parfois 19 ans – sont en rupture familiale. Mais il n’existe pas de profil-type. Une femme de 85 ans a par exemple séjourné un temps dans la maison.

Les femmes accueillies bénéficient d’un accompagnement social poussé. « On mise tout là-dessus », opine Philippe Gibaud. Des entretiens individualisés sont régulièrement menés et des pistes de relogement recherchées.

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos : ©Christophe Hargoues/Secours Catholique
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