La pensée sociale du pape François au coeur de l’action du Secours Catholique

Publié le 17/09/2015
La pensée sociale du pape François au coeur de l’action du Secours Catholique
 

Le 19 septembre, le Ceras organise une conférence consacrée à la pensée sociale du pape François. Jean-Marc Boisselier, responsable du département Accompagnement et Formation au Secours Catholique, intervient dans ce cadre. Il réagit ici à quatre citations du pape, auxquelles il donne un puissant écho.

J’ose vous dire que l’avenir de l’humanité est, dans une grande mesure, dans vos mains, dans votre capacité à vous organiser et à promouvoir des alternatives créatives. Vous êtes des semeurs de changement !

Le pape s’adressant cet été « aux plus humbles, aux exploités, aux pauvres, aux exclus », à Santa Cruz, en Bolivie.

Jean-Marc Boisselier : Les personnes qui vivent des « galères » ne se résument pas à ces galères. Ce ne sont pas simplement des hommes et des femmes à aider. Ce sont des personnes qui ont des ressources pour s’en sortir. Les accompagnateurs, notamment au Secours Catholique, sont des révélateurs et des catalyseurs de leurs capacités. De façon à ce qu’elles puissent prendre confiance au cœur des déserts qu’elles traversent et agir ensemble dans leur environnement. La « promotion d’alternatives créatives ». Ne nous payons pas de mot ! Parfois, nous, les accompagnateurs, pensons à la place des personnes. Mais lorsque nous parvenons à nous rendre disponible, à écouter, à reformuler, à éviter de juger, à aider la personne dans ses choix, alors celle-ci avance, avec notre appui, de petites réussites en petites réussites. A condition qu’elle se mobilise, comme le souligne Benoît, un « galérien » : « Pour faire bouger les choses, il faut nous bouger nous-mêmes. Il faut se battre ! »

 

Chers migrants et réfugiés, ne perdez pas l’espérance qu’à vous aussi est réservé un avenir plus assuré, que sur vos sentiers vous pourrez trouver une main tendue, qu’il vous sera donné de faire l’expérience de la solidarité fraternelle et de la chaleur de l’amitié !

Message donné pour la 100ème journée mondiale des migrants et des réfugiés, le 19 janvier 2014.

Jean-Marc Boisselier : Cela peut résonner comme un vœu pieux alors que la société française est clivée sur ce terrain. Mais, au Secours Catholique, depuis longtemps, des équipes de bénévoles épaulent des migrants en leur offrant des espaces chaleureux où ils existent en tant que personnes. Néanmoins, l’association va devoir relever un défi de long terme : accompagner l’élan de générosité qui se manifeste actuellement en l’accueillant avec espérance et gratitude ; cela, en mettant tout en œuvre pour que nos compatriotes solidaires trouvent leur place au sein de cette mobilisation.

 

Le mot « solidarité » désigne beaucoup plus que quelques actes sporadiques de générosité. Il demande de créer une nouvelle mentalité qui pense en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens par quelques-uns.

Exhortation apostolique Evangelii gaudium.

Jean-Marc Boisselier : C’est ce que nous appelons le bien commun (qui n’est pas la somme des intérêts particuliers). C’est-à-dire une communauté humaine où chacun a sa place. Alors qu’il préparait une session sur la solidarité, un petit groupe accompagné par le Secours Catholique a déclaré : « La solidarité existe, mais sous forme de redistribution de miettes, sans que nous ne nous sentions vraiment invités au repas… » Pourtant, à l’opposé de l’attitude « supérieure » (la main qui donne a toujours tendance à rester au-dessus de celle qui reçoit), cette « nouvelle mentalité  » est à l’œuvre dans des lieux ouverts et fraternels. Ici, se nouent entre bénévoles et personnes en difficulté des liens étroits basés sur une réciprocité et une égale dignité dans la relation, où les besoins spirituels sont pris en compte, où on chemine et grandit ensemble.

 

La sobriété et l’humilité n’ont pas bénéficié d’un regard positif au cours du siècle dernier. Mais quand l’exercice d’une vertu s’affaiblit d’une manière généralisée dans la vie professionnelle et sociale, cela finit par provoquer des déséquilibres multiples, y compris environnementaux. C’est pourquoi il faut oser parler de l’intégrité de la vie humaine, de la nécessité d’encourager et de conjuguer toutes les grandes valeurs.

Encyclique Laudato si.

Jean-Marc Boisselier : Au Secours Catholique, les bénévoles se disent parfois …démunis face aux plus démunis. Ils se sentent impuissants et se découragent. C’est pourquoi l’humilité est une vertu essentielle. Francis, Pascal, Marcel et tant d’autres m’ont appris à mourir à mon rêve de pouvoir sur l’autre, de sauveur de l’humanité. Ils m’ont appris à réfréner mes impatiences, à accepter mon impuissance et mes faiblesses. Ils m’ont appris l’humilité et à me situer dans une juste proximité à l’autre.

Yves Casalis
Crédits photos : ©Xavier Schwebel/Secours Catholique
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
Plus d'informations
Lien social et lutte contre l'isolement
# sur le même thème