La reconnaissance d’un État palestinien par l’ONU

Publié le 28/11/2012
Israël, Palestine
La reconnaissance d’un État palestinien par l’ONU
 

Jeudi 29 novembre, l’Assemblée générale des Nations unies a octroyé le rang d’État observateur non membre à la Palestine. Une première forme de reconnaissance. Décryptage avec Bernard Flichy, engagé au département Moyen-Orient du Secours Catholique.

L’ONU a accepté la Palestine comme État observateur non membre des Nations unies. Qu’est-ce que cela peut apporter au peuple palestinien ?

Cette reconnaissance permettra à la Palestine d’avoir plus de poids dans ses discussions avec l’État d’Israël. Ensuite, et surtout, cela donnera la possibilité aux Palestiniens d’accéder à un certain nombre d’instances internationales. Par exemple, ils pourront saisir la Cour pénale internationale s’ils estiment qu’Israël a commis des violations au droit international. Le fait que ce soit l’Assemblée générale (les 193 États membres des Nations unies) qui vote est très encourageant. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a déjà échoué à obtenir le statut d’État à part entière, le Conseil de sécurité [1] – notamment les États-Unis – ayant toujours refusé.

Ce vote intervient alors qu’Israël vient de lancer une offensive contre Gaza. Où en est la situation sur place ?

Nos partenaires dans la bande de Gaza ont été touchés par les bombardements israéliens. Il y a eu non seulement des destructions, mais surtout l’arrêt d’arrivage de médicaments, une pénurie d’électricité, de carburant… Les hôpitaux sont dans une situation tragique. Mais la bande de Gaza n’a pas été le seul lieu où la répression israélienne s’est fait sentir : les Palestiniens dans les territoires occupés de Cisjordanie ont subi le contrecoup de cette opération militaire. De nouveaux checkpoints ont été installés, et de nombreux autres ont été fermés, limitant drastiquement les déplacements. À la suite de manifestations palestiniennes, plusieurs personnes sont mortes et beaucoup ont été arrêtées par l’armée.

Mais depuis mercredi 21 novembre, une trêve a été mise en place.

Des trêves de ce type ont été nombreuses par le passé et elles ne résolvent pas le cœur du problème. La résolution du conflit passe d’abord par l’arrêt du blocus de la bande de Gaza, une action demandée par le Secours Catholique dans un appel lancé avec d’autres associations humanitaires. Ensuite, il faut mettre fin à l’enfermement des Palestiniens sous toutes ses formes, que ce soit le mur, les checkpoints ou la spoliation des terres que représente la colonisation. L’égalité des droits entre les citoyens d’Israël, et donc une fin de la discrimination envers les Palestiniens vivant en Israël, est aussi indispensable. Si de vraies négociations se mettent en place à la suite de cette trêve, ne pourra-t-on pas dire que la force paie ? Il me semble que ce n’est pas tant le Hamas qui sort renforcé de cette période mais bien l’usage de la force comme moyen d’arriver à ses fins.

Pourquoi le 29 novembre est-il un jour particulier pour les Palestiniens ?

Depuis 1978, la date du 29 novembre est la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Elle a été choisie par l’ONU car ce fut le jour où, en 1947, cette organisation internationale a voté le plan de partage de la Palestine.

Notes:

[1] Le Conseil de sécurité est constitué des cinq États membres permanents disposant seuls d’un droit de veto (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) et de dix États membres élus pour une durée de deux ans (renouvelés par moitié tous les ans).

Sophie Lebrun
crédit : Oliver Weiken/EPA/Maxppp
La Délégation de Lille revendique les droits des plus fragiles
Plus d'informations
Prises de position et expertises
# sur le même thème