Le Secours Catholique salue l’adoption d’un traité universel sur le commerce des armes

Publié le 03/06/2013
Monde
 

Depuis plus de dix ans, le Secours Catholique s’est engagé pour faire avancer l’adoption du traité sur le contrôle du commerce des armes. Dix années de mobilisation récompensées aujourd’hui par la signature de ce texte historique.

Lundi 3 juin a été signé en grande pompe à l’ONU le traité sur le contrôle du commerce des armes (TCA) adopté en mars dernier par l’Assemblée générale de cette institution. Soixante-sept pays, dont le Brésil, la Corée du Sud et le Mexique notamment, ont d’ores et déjà apposé leur nom sur le texte dès ce premier jour d’ouverture à la signature, ce qui d’après les annales de l’ONU revêt un caractère exceptionnel. Plus de 50 signataires supplémentaires sont attendus d’ici à octobre.

L’action d’un réseau

Pour la première fois dans l’histoire, le monde disposera d’un traité universel sur un sujet aussi chaud que les ventes d’armes, traité qui s’imposera aux signataires. L’alliance d’une centaine d’ONG internationales dont une trentaine furent le fer de lance d’une coalition tenace et inventive s’est révélée déterminante. Dans ce processus qui a duré près de dix ans, le Secours Catholique-Caritas France a joué un rôle plus qu’éminent au sein de la plateforme internationale « Contrôlez les armes », mais aussi par l’action de son réseau en France à travers des campagnes de mobilisation de l’opinion publique.

Cette avancée considérable du droit international s’inscrit dans un cursus d’accords visant à réduire les risques encourus par des millions d’êtres humains qui, de par le monde, souffrent de l’usage et de la présence inconsidérés d’armes de toute sorte. La responsabilité de décider de ces ventes et achats sera assujettie à des conditions draconiennes qu’acceptent donc les dirigeants politiques. Ces transferts seront régulés et moralisés et les trafics illicites rendus plus difficiles.

Une première étape

Pendant ces longues années, les ONG se sont imposées par leur expertise et leur pouvoir de conviction, et ont donc réussi à inciter les États à accepter des contraintes universelles pour les exportateurs et les importateurs. En mars, 156 pays ont adhéré avec détermination au texte alors que seulement trois se sont opposés et 23 se sont abstenus. Fondamentalement réticents à l’origine, les États-Unis, premier exportateur d’armes au monde, signeront, eux aussi, le traité le 3 juin. Il reste certes à convaincre la Chine, l’Inde et la Russie ainsi que plusieurs pays arabes et sud-américains que de telles restrictions correspondent à leurs intérêts à long terme. Les Caritas devraient encore être mises à contribution pour ce faire.

Elles seront également mobilisées pour faciliter et accélérer le processus de ratification : il faut 50 États afin que le traité soit mis en application. Ce chiffre, faible en comparaison d’autres traités internationaux, pourrait être atteint en deux ans.

La longue saga que le Secours Catholique-Caritas France a vécu de concert avec d‘autres ONG françaises et des dizaines d’associations internationales en vue de l’obtention d’un traité sur le contrôle du commerce international des armes n’est donc pas complètement arrivée à son terme. Mais il peut s’enorgueillir d’avoir apporté plus qu’une petite pierre à ce succès.

 

Didier Destremau
© DR
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