Le Secours Catholique solidaire d’un partenaire palestinien détenu

Publié le 15/04/2016
Israël, Palestine
Le Secours Catholique solidaire d’un partenaire palestinien détenu
 

À l’occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens, le 17 avril, le Secours Catholique-Caritas France affiche son soutien à son partenaire, l’École du cirque palestinienne, dont un des enseignants, Mohamed Abu Sakha, a été condamné le 22 décembre par un tribunal militaire israélien à six mois de détention administrative.

LES FAITS : Mohammed Faisal Abu Sakha a été arrêté par l’armée israélienne le lundi 14 décembre au checkpoint de Zaatara qu’il traversait en taxi pour se rendre de son domicile, à Jénine, à son travail, à Ramallah, pour un concert de musique. L’armée lui a demandé de sortir de la voiture et il a été emmené dans un centre de détention militaire.

Lundi 22 décembre, il a été condamné par un tribunal militaire à la détention administrative, sans qu’aucune charge ne lui ait été présentée. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée israélienne de détenir des prisonniers indéfiniment sur la base d’informations secrètes sans les inculper ni leur permettre de passer en jugement. Son ordre de détention a été confirmé le 29 décembre par la Cour militaire d’Ofer en Cisjordanie, Mohammed est détenu depuis lors, sans inculpation ni procès, pour six mois renouvelables indéfiniment.  

Entretien avec Giuliana Schiro, responsable du développement des ressources à l’École du cirque palestinienne.

 

Le motif invoqué par Israël « d’impérieuses raisons de sécurité » pour justifier la détention administrative de Mohamed Abu Sakha est-il fondé ?

À l’Ecole du cirque [située à Birzeit, un village chrétien à côté de Ramallah, en Territoires occupés] nous connaissons depuis assez longtemps ce jeune homme de 23 ans originaire de Jénine, en Cisjordanie, pour affirmer que cette accusation n’a aucun fondement.

Cela dit, s’il apparaît qu’il constitue vraiment une menace pour la sécurité d’Israël, nous demanderons aux autorités son inculpation officielle, le droit laissé à l’accusé de se défendre et à un procès équitable.

Quelles sont les conditions de détention de Mohamed Abu Sakha ?

Nous savons qu’elles sont correctes, il n’est pas maltraité. Cependant, les visites auxquelles il a droit sont limitées : ses parents ont pu seulement venir le voir deux fois. Depuis que leur fils est détenu en Israël, ils doivent demander une autorisation spéciale, très difficile à obtenir.

La justice israélienne a rejeté son recours le 29 mars. Que pouvez-vous faire pour obtenir sa libération ?

Il n’y a pas d’autres moyens juridiques à notre disposition. Il faut continuer à exercer une pression internationale sur le gouvernement israélien.

 

« Pas un hasard »

Éclairage de Mathilde Girardot, chargée de projets au pôle Moyen-Orient/Afrique du nord au Secours Catholique.

« Ce n’est pas un hasard si Mohamed Abu Sakha, élève puis formateur à l’Ecole du cirque auprès, notamment, de handicapés mentaux, est actuellement pris pour cible. Car l’ONG insiste dans son programme éducatif (1) sur différents aspects : la possibilité donnée aux jeunes palestiniens de rentrer dans une identité positive, une créativité de plus en plus féconde, dans la découverte d’une forme de résistance non-violente, bref, de s’épanouir au sein de leur culture. L’Ecole sensibilise aussi la société palestinienne à la mixité sociale, au respect mutuel entre garçons et filles et à l’acceptation des personnes handicapées physiques ou mentales. 270 enfants y sont inscrits, dont 26 souffrent de handicaps mentaux légers ou sévères. »

(1) Le Secours Catholique a versé 150 000 euros pour sa mise en œuvre (2016/ 2018).

Yves Casalis.
Homme levant les bras
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