Logement : une manifestation pour un choc de solidarité

Publié le 03/01/2013
France
 

« Il y a quelques semaines, tous les médias ont annoncé un choc de compétitivité. Nous espérons que demain nous nous réveillerons et que sur les ondes on annoncera un choc de solidarité. » Devant de nombreux journalistes, Christophe Robert, porte-parole du collectif des associations unies, n’a pas hésité à dégainer la formule choc pour alerter sur la situation dramatique des 3,6 millions de personnes sans abri et mal logées en France.

Pour exiger du gouvernement des mesures concrètes, les 34 associations du collectif se sont réunies le 5 décembre sur le Pont des Arts, où elles ont installé 34 tentes, symbolisant autant de situations de mal logement. Salariés, bénévoles, personnes aidées : ils étaient nombreux à être venus porter leurs revendications, à la veille de la Conférence de lutte contre la pauvreté qui s’est tenue les 10 et 11 décembre derniers. « Il faudra que les moyens soient à la hauteur des besoins », avait prévenu Charlotte Niewiadomsky, chargée des questions de logement au Secours Catholique.

Le logement, la base de tout

Mallory, 45 ans, est à la rue depuis un an : « Je suis dans l’intérim, je travaille par à-coups. Trouver un appartement à louer est très difficile. Je dors dehors la plupart du temps, parce que le 115 est saturé. Le Secours Catholique m’aide à trouver des places en foyer ou dans les églises, mais ce n’est pas toujours possible. »

Cette impossibilité d’aider, les travailleurs sociaux la subissent au quotidien. «  On fait ce métier pour apporter des réponses et on se retrouve à dire aux gens que l’on ne peut rien faire pour eux, a témoigné Nathalie Rouxel, représentant les professionnels de l’urgence sociale. Aujourd’hui on n’arrête pas de nous parler de réductions budgétaires, mais sur le terrain nous savons le coût humain et financier de cette politique. Certaines familles doivent changer d’hébergement régulièrement : de Paris, le 115 les envoie tout au fond du Val d’Oise. Dans ces conditions, comment peuvent-elles scolariser leurs enfants, comment peuvent-elles garder leur emploi ? »

«  Le logement c’est la base de tout, a confirmé David, 42 ans dont 18 passés à la rue. Quand on se présente à un emploi et qu’on donne l’adresse du lieu où on habite, on reçoit des réponses négatives. Et puis ensuite, il y a la famille. J’ai deux enfants, je ne peux pas les recevoir là où je suis, je suis obligé de les voir à l’extérieur. »

À midi, les associations ont dû faire disparaître les tentes du Pont des Arts. Le Secours Catholique a présenté ses recommandations en matière de lutte contre la pauvreté lors de la Conférence les 10 et 11 décembre derniers.

Marina Bellot

(1) Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées

© Sébastien Le Clézio/Secours Catholique
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