Mgr Nzapalainga : la voix des sans voix

Publié le 09/10/2014
Centrafrique
 

Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et président de la Caritas centrafricaine, a mené une tournée européenne pour obtenir davantage d’implication des pays étrangers en faveur de la Centrafrique. Portrait d’un homme de foi autant que de voix.

La voix douce mais affirmée, un sourire bienveillant aux lèvres mais le regard soucieux, Mgr Dieudonné Nzapalainga se définit avant tout comme un messager de la paix. Le messager de la paix d’un pays en guerre, dont la population souffre, s’entredéchire tandis que les plus modestes paient, chaque jour, le prix fort. Un messager de la paix préoccupé et singulièrement pris par le temps... En compagnie de l’imam Omar Kobine Layama, il a mené au premier trimestre 2014 une tournée pour obtenir une plus grande implication des États européens et plaider la cause du peuple centrafricain auprès des autorités comme des médias.

En tant qu’archevêque de Bangui, c’est ce qu’il estime être son rôle. « Dans le contexte de chaos que traverse actuellement mon pays, je suis la voix des sans voix, explique-t-il sans hésiter et sans une once d’orgueil. Mon rôle est d’écouter, de rassembler, d’engager le dialogue et de porter au plus loin, près des décideurs, la voix du peuple. »

Un prêtre missionnaire

Cette affection pour son prochain et cette volonté de venir en aide aux plus modestes sont, depuis toujours, en plus de sa foi, l’un des moteurs ayant orienté l’existence de Dieudonné Nzapalainga.

Jeune adolescent, c’est la rencontre avec un prêtre venant dans son quartier s’occuper des plus pauvres qui le poussa à entreprendre des études théologiques pour devenir prêtre à son tour et suivre une voie similaire. « Être témoin des actions de cet homme et voir son dévouement ont constitué un réel déclic pour moi. J’ai tout de suite voulu poursuivre cette œuvre pour aider mes semblables », insiste l’archevêque.

Né en 1967 à Bangassou (République centrafricaine), il commence sa formation pour être père spiritain dans le cadre de la Fondation de l’Afrique Centrale dès la fin de ses études secondaires, avant de suivre un cycle de théologie à Paris.

Ordonné prêtre en 1998 dans sa ville natale, il débute sa vie missionnaire à Marseille comme aumônier de la maison Saint-François-de-Sales des Apprentis d’Auteuil. Il y restera huit ans, avant de revenir en RCA, puis d’être nommé administrateur diocésain de Bangui en 2009, et enfin archevêque en 2012, par Benoît XVI.

« J’écoute leurs cris pour les transformer en prières »

Porte-parole sur la scène internationale et « berger » pour ses fidèles, Dieudonné Nzapalainga n’oublie pas l’importance d’une présence dans la rue, au contact de la population. Président de la Caritas de République centrafricaine, œuvrant à coordonner au mieux le travail des différentes antennes locales de l’organisation, il s’implique également sur le terrain, supervisant par exemple les distributions de vivres dans les villes et les villages.

« Aller sur le terrain et être parmi ceux qui souffrent est également mon rôle, précise Monseigneur Dieudonné. C’est aussi là que je puise ma force et c’est un réconfort pour les gens, qui voient ainsi que je ne reste pas enfermé mais que je suis avec eux. Que j’écoute leurs cris pour les transformer en prières. » Et les porter le plus loin possible, par-delà les mers.

Julien Fournier
Crédits photos: © Matthieu Alexandre/Secours Catholique
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème