Michel Roy : « Les pauvres en Église sont devenus une ligne transversale pour Caritas Internationalis »

Publié le 19/06/2019
Rome
 

Après deux mandats de quatre ans, Michel Roy quitte le Vatican et ses fonctions de secrétaire général de Caritas Internationalis. Un autre Français d’origine indienne lui succède. Entretien.

Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis

 

Michel Roy, après 30 ans au Secours Catholique, vous avez passé huit ans à la tête du secrétariat général de Caritas Internationalis. Que retenez-vous de ce double mandat qui aujourd’hui se termine ?

 

Sous mon mandat, à côté de l’humanitaire qui s’est poursuivi, et du plaidoyer et de la communication (avec les campagnes De la nourriture pour tous (Food for all) et  Partager le chemin avec les migrants), nous avons renforcé notre relation à l’Église catholique. Avant mon arrivée, Caritas Internationalis était peu liée à l’Église institutionnelle. Il a fallu renouer les liens.

Pas seulement se placer sous l’égide de l’Église institutionnelle, donc du Saint-Siège, mais d’interagir avec le Saint-Siège pour que nos messages qui viennent du terrain rentrent dans la réflexion de l’Église et influencent ses orientations dans le champ social et dans le champ de la justice.

Cela a beaucoup évolué en huit ans et j’insiste sur l’aspect de réciprocité. La Confédération (CI) est une organisation à la personnalité juridique canonique publique, c’est-à-dire une entité du Saint-Siège à part entière.

Pas uniquement pour être contrôlée par le Saint-Siège mais pour lui apporter l’expérience, la richesse de l’expérience, la richesse des analyses du réseau. Cette expérience des pauvres, le Secours Catholique y est habitué, comme les organisations du Sud où les pauvres en font partie intégrante.

Dans le nouveau cadre stratégique adopté par l’assemblée générale de Caritas Internationalis, les pauvres en Église sont devenus une ligne transversale. Cette stratégie de s’engager davantage dans l’Église pour que l’Église devienne davantage engagée avec les pauvres a été un axe de travail important pendant ces huit dernières années.

Enfin, une confédération est forte si tous ses membres sont forts. Nous ne pouvons pas travailler uniquement avec les grosses Caritas du Nord, de l’Occident, qui dictent leur conduite aux autres membres qui sont tous aptes à remplir leurs missions. Du « partenariat » on est passé à une « coopération fraternelle ». 

Renforcer les membres de la confédération, c’est pour développer cette dimension-là qu’Aloysius John a été appelé en 2013.

 

Puisque vous parlez d’Aloysius John, élu par la dernière assemblée générale de Caritas Internationalis pour vous succéder, pouvez-vous en dire quelques mots ?

 

Aloysius John est un homme qui a beaucoup de technique. Il a une mentalité d’ingénieur. Très rationnel sans être cartésien.  C’est un autre mode de pensée. Il est indien de culture bien qu’il soit arrivé en France à l’âge de 25 ans. Il a aujourd’hui la nationalité française. Il a le souci du travail bien fait et il a l’expérience de renforcer les capacités des plus faibles. D’ailleurs il a principalement été élu par les Caritas du Sud. C’est une reconnaissance du travail qu’il a fait avec elles.

 

Dans quelques semaines, vous allez quitter Rome. Qu’allez-vous faire ?

 

J’ai 64 ans. Je pense encore travailler un ou deux ans avant de prendre ma retraite. J’ai quelques pistes et quelques propositions mais je n’ai pas encore décidé. Je reviens en France de toutes les manières.

 

 

Propos recueillis par Jacques Duffaut
Crédits photos : © Caritas Internationalis, © Élodie Perriot / Secours Catholique
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