Migrants : Destination Algérie

Publié le 04/09/2015
Algérie
Migrants : destination Algérie
Au centre Rosalie, les enfants des migrants trouvent un équilibre alimentaire et éducatif.
 

La réunion annuelle Migramed s'est tenue pour la première fois hors de l'Union Européenne, à Tunis. Elle a été l'occasion de revenir sur l'enjeu des migrations dans les pays du bassin méditerranéen, notamment en Algérie.

Longtemps étape sur le chemin de l’Europe, l’Algérie est devenue un pays d’installation pour une majorité de migrants subsahariens. Obligés de vivre cachés, vulnérables, ils trouvent un appui auprès d’ONG parmi lesquelles Caritas Algérie.

L’an dernier, l'administration algérienne révélait que 70 % des migrants passant par l’Algérie s’y installaient. Ils seraient actuellement entre 25 000 et 30 000 étrangers subsahariens.

Instruits des risques de noyade, beaucoup renoncent à traverser la Méditerranée. Ils deviennent clandestins, sans avoir le droit de travailler, hésitant à se faire soigner de peur d’être signalés à la police qui les renverrait dans leur pays. Alors ils cherchent à passer inaperçus.

Pour survivre, ils se livrent à la mendicité ou à des activités illicites (travail au noir, trafics, prostitution). Pour éviter que la clandestinité soit fatale à ces déracinés, un Groupe d’aide aux migrants (GAM) créé par la Caritas diocésaine d'Oran et Médecins du Monde les accueille, les écoute et les oriente éventuellement vers des structures médicales appropriées, des psychologues et des avocats.

Le GAM tente aussi d'améliorer leurs conditions de vie en les aidant à scolariser leurs enfants et en leur proposant des formations professionnelles. Les accueils de Caritas Algérie sont des endroits discrets où des dizaines de mères étrangères, souvent seules, viennent chercher un répit de quelques heures, des conseils et, comme au centre Rosalie dans une banlieue d’Alger, un vrai repas pour leurs enfants.

Parallèlement, les quartiers populaires et le personnel médical sont sensibilisés aux maux que subissent ces migrants par d'autres migrants stabilisés, véritables chevilles ouvrières du GAM.

 

Migramed : La richesse des échanges

Questions à Cyrille de Billy, responsable du pôle Moyen-Orient et Afrique du Nord au Secours Catholique-Caritas France.

En mai dernier, vous avez participé au rassemblement Migramed. De quoi s’agit-il ?

Migramed réunit chaque année les Caritas du bassin méditerranéen concernées par les migrations. Étaient présentes les Caritas des pays méditerranéens mais aussi des Caritas du Nord de l’Europe. Pour la première fois, cette réunion se tenait en dehors de l’Union européenne : en Tunisie, à Tunis.

Que retenez-vous de cette réunion ?

La richesse des échanges. Ainsi, j’ai appris qu’une majorité de personnes en Espagne, en Allemagne ou en Suède était favorable à l’immigration et souhaitait un meilleur accueil des étrangers et des réfugiés. D’autre part, la proposition de la Commission européenne de répartir les réfugiés dans les pays membres de l’Union européenne fait l’unanimité parmi les Caritas. Pour elles, c’est un minimum.

Enfin, nombreuses sont les Caritas à approuver le Secours Catholique dans sa demande de révision complète du “règlement Dublin” (qui fait porter la responsabilité de l’accueil au premier pays européen sur le sol duquel le candidat à l’asile pose le pied).

Pierre Plazolle, Jacques Duffaut
Crédits photos : François Ramel
Deux femmes discutent
Plus d'informations
Migrants
# sur le même thème