Pakistan : après l’attentat suicide, la Caritas appelle au respect des chrétiens

Publié le 23/09/2013
Pakistan
 

Dimanche 22 septembre, deux attentats suicide ont eu lieu dans une église de Peshawar, au Pakistan. Ce lundi, la communauté catholique, dont Caritas Pakistan, rappelle que les chrétiens sont des citoyens comme les autres, qui doivent être protégés.

« Nous sommes tous pakistanais ! » Le directeur de Caritas Pakistan Amjad Gulzar, partenaire du Secours Catholique-Caritas France, ne mâche pas ses mots, lundi 23 septembre, à la suite du double attentat suicide qui a frappé la communauté chrétienne de son pays.

Deux bombes, activées à la sortie de la messe de l’église de Tous-les-Saints à Peshawar dans le nord-ouest du pays, ont provoqué la mort de 81 personnes et ont fait plus de 145 blessés. Selon l’ancien ministre pakistanais chargé des questions œcuméniques Paul Bhatti, c’est l’attaque la plus meurtrière contre cette minorité, qui représente environ 1,6% de la population, en grande partie musulmane.

« Les chrétiens ne sont pas les seuls visés par l’attaque, tout le Pakistan est victime du terrorisme », a déclaré à l’AFP M. Bhatti, aujourd’hui président de l’Alliance de toutes les minorités du Pakistan (APMA).

Manifestations

« Nous avons grandement contribué au travail pour l’éducation et l’accès aux soins. Les minorités religieuses ont besoin de plus de protection que les autres. Le gouvernement doit faire plus pour la paix », a insisté Amjad Gulzar alors qu’il a manifesté aujourd’hui avec près de 500 personnes devant l’Assemblée du Punjab. À ses côtés, des membres de Caritas Pakistan et des membres de la Commission Justice et paix mais aussi des prêtres.

L’archevêque de Karachi et président de Caritas Pakistan, Mgr Joseph Coutts a lui aussi condamné ces attaques terroristes. « Je demande que le gouvernement protège les minorités religieuses et agisse pour éviter des incidents similaires à l’avenir, a-t-il déclaré. Nos instituts et centres d’éducation resteront fermés pendant trois jours pour marquer notre deuil et notre protestation. J’appelle tous les chrétiens à garder leur calme, et à prier. »

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. Dans la capitale Islamabad, plus de 600 manifestants ont bloqué une grande artère pendant plusieurs heures à l’heure de pointe, provoquant d’importants embouteillages.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a condamné un attentat « contraire aux préceptes de l’islam ». À la fin d’une visite pastorale en Sardaigne (Italie), le pape François a de son côté dénoncé « le mauvais choix, un choix de haine et de guerre », tandis qu’au Pakistan, le Conseil des oulémas a fustigé cet acte « honteux ».

Les chrétiens ont l’habitude de faire profil bas dans ce pays où ils sont souvent victimes de discrimination sociales et parfois de violences. L’attentat contre cette église est d’autant plus déplorable que ce lieu se voulait ouvert aux musulmans et chrétiens pakistanais en quête de paix et d’une co-existence harmonieuse. Le bâtiment, construit en 1883, était inspiré des structures architecturales des mosquées et faisait face à la Mecque.

Sophie Lebrun
© Caritas Pakistan
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