Palestine : inquiétante escalade de la violence dans les Territoires occupés

Publié le 09/07/2014
Palestine
 

Le Secours Catholique s’inquiète de la montée de la violence qui met en danger les efforts de ses partenaires locaux engagés au quotidien pour la paix entre Palestiniens et Israéliens.

L’escalade de la violence dans les Territoires palestiniens occupés qui avait commencé avec l’enlèvement le 12 juin de trois jeunes colons dans la région d’Hébron a franchi un nouveau cap après la découverte des corps des trois jeunes gens le 30 juin.

Depuis le lancement par l’armée israélienne de l’opération “Gardiens de nos frères” après le 12 juin, les habitants de Cisjordanie et de Gaza sont, une fois de plus, victimes d’une punition collective : plus d’une dizaine de civils palestiniens tués, parmi lesquels des enfants ; plus d’une centaine de blessés ; des centaines d’arrestations et de détentions administratives ; plus de 1 200 maisons et bureaux saccagés lors de raids, et deux maisons des familles de deux Palestiniens « déclarés coupables » démolies (pour plus de détails, voir la fiche contexte publiée le 3 juillet 2014 sur la plateforme des ONG françaises pour la Palestine).

Spirale de violence

Le gouvernement israélien accuse depuis le début le Hamas d’être responsable de l’enlèvement des trois jeunes colons, alors que ce dernier dément toute implication. Depuis la découverte des cadavres qui a provoqué une onde de choc dans la société israélienne, des appels à la vengeance se multiplient sur les réseaux sociaux, et certains responsables politiques n’hésitent pas à mettre de l’huile sur le feu : Avigdor Liberman, le ministre des Affaires étrangères, appelle à lancer une vaste opération contre le Hamas dans la Bande de Gaza ; Uri Ariel, le ministre de la Construction, invite à « commencer une vague de construction dans les colonies » ; Naftali Bennett, chef du parti ultra-nationaliste Habayit Hayehudi, déclare que « les assassins d’enfants et ceux qui les dirigent ne peuvent être pardonnés. Il est temps de passer aux actes, pas aux mots ».

Ces propos se concrétisent en actes de violence isolés qui alimentent à leur tour les tensions. Ainsi, de violents affrontements ont opposé les Palestiniens et des policiers à Jérusalem Est le 2 juillet après l’enlèvement et le meurtre de Mohammed Hussein Abou Khdeir, un jeune Palestinien de 16 ans, dans une apparente attaque de représailles menées par des colons. En réaction, le Hamas promet à son tour que les dirigeants israéliens « paieront le prix » de la mort de Mohammad.

Les colons profitent aussi de la situation et de la vague de soutien en leur faveur dans l’opinion publique israélienne pour faire pression sur le gouvernement ; ainsi, des colons ont installé des tentes le 2 juillet entre Jérusalem-Est et la colonie Ma’aleh Adumin, dans le symbolique secteur "E1" convoité depuis 20 ans par les partisans du "Grand Israël".

Messages de paix

Pour éviter la spirale de la violence, quelques voix s’expriment mais semblent avoir du mal à se faire entendre. L’Autorité palestinienne essaie à tout prix de maintenir le calme et de garder une distance critique face à l’action des Israéliens et des colons. Mais l’opinion publique palestinienne ne comprend pas cette attitude et ce discours contribue à rendre l’Autorité palestinienne encore plus impopulaire.

La famille d’un des trois colons tués a également condamné le meurtre du jeune Palestinien, et plusieurs associations israéliennes telles que Peace Now et les associations partenaires du Secours Catholique dénoncent cette escalade de la violence. « Le prix du conflit pour les Juifs et les Palestiniens est trop élevé, et le sang va continuer de couler tant que nous ne changeons pas notre conception des choses, écrit l’association Sadaka Reut. Au lieu de penser "c’est nous ou eux", nous devons penser à comment devenir "nous et eux". » « Nous continuons de croire au partenariat et à la solidarité », affirme de son côté Mahapach Taghir.

Ces messages de paix sont malheureusement peu entendus face au déferlement d’appels à la haine anti-arabe qui submerge actuellement les réseaux sociaux israéliens.

Dans ce contexte tendu, l’action de rapprochement et de dialogue entre les communautés menée par les partenaires du Secours Catholique est pourtant plus que jamais nécessaire pour prôner une culture de non violence et de paix.

 

Mur : il y a 10 ans, la Cour internationale de justice dénonçait le caractère illicite du mur

La plateforme des ONG française pour la Palestine, dont fait parti le Secours Catholique célèbre tristement le 10e anniversaire du caractère illicite du mur séparant Israël et la Palestine.

« Il y a dix ans, la Cour internationale de justice (CIJ) rendait un avis consultatif sur les conséquences juridiques de l’édification d’un mur par Israël dans le territoire palestinien occupé (TPO). Cet avis affirmait l’illicéité du mur, appelait Israël à interrompre son édification, à démanteler les portions déjà construites et à réparer les dégâts causés. Pendant ces dix années, Israël a poursuivi la construction du mur et n’a réparé aucun dégât, dans le mépris total de l’avis consultatif rendu par la Cour... »

Lire la suite sur le site internet de la plateforme des ONG française pour la Palestine.

Crédits photos: ©Elodie Perriot/SC
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