Palestine – Israël : les recommandations des associations à M. Hollande

Publié le 18/11/2013
Israël, Palestine
 

Plusieurs associations de défense des droits de l’homme, dont le Secours Catholique, ont invité le Président français, lors de son déplacement en Terre sainte, à condamner les politiques faisant échec au processus de paix.

Lundi 18 novembre, la presse israélienne accueillait avec scepticisme la nouvelle lune de miel entre Israël et la France. Le quotidien Maariv estimait que ce serait une « faute grave » de faire confiance à la diplomatie française qui est d’« une flexibilité sans faille ». La veille, en effet, M. Hollande avait rassuré les dirigeants israéliens en affirmant que la France ne céderait pas sur le nucléaire iranien. Mais la préoccupation des défenseurs des droits de l’homme était ailleurs.

En effet, avant sa visite officielle de trois jours débutée le 17 novembre, le Président français avait été invité par de nombreuses associations à aborder avec ses hôtes les dossiers sensibles, ceux qui entravent depuis des décennies le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.

Violation du droit humanitaire international

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont le Secours Catholique est membre, a rendu publique une lettre adressée à François Hollande dans laquelle elle rappelle au président « la violation du droit humanitaire international » que constitue la colonisation israélienne du territoire palestinien occupé, « ce qui empêche la réalisation d’un État palestinien ». Depuis la reprise des discussions de paix, toujours en cours, l’administration israélienne a autorisé quelque 5 000 nouvelles constructions dans les colonies ; l’encerclement de Jérusalem-Est par de nouveaux noyaux de colonisation dans les quartiers palestiniens se poursuit, ainsi que les confiscations et les démolitions d’infrastructures palestiniennes.

Les associations regroupées dans la Plateforme attirent l’attention de François Hollande sur un fait moins connu : la « tentative de transfert forcé des Bédouins palestiniens, aussi bien en Israël que dans les territoires palestiniens occupés ». Si ce projet voyait le jour, 70 000 Bédouins seraient expulsés et leurs terres ancestrales confisquées.

Peine collective

La position constante de la France, qui soutient une solution à deux États, doit « rappeler fermement ces positions aux dirigeants israéliens ».

Dans une autre lettre, qui n’a pas été rendue publique, le Secours Catholique et six autres associations humanitaires (Action contre la Faim, Care France, CCFD-Terre Solidaire, FIDH, Handicap International France et Oxfam France) ont également demandé, le 6 novembre dernier, à François Hollande de condamner fermement l’accélération préoccupante de l’expansion des colonies israéliennes. Elle invite le Président à œuvrer pour une levée immédiate et inconditionnelle du blocus de Gaza, blocus considéré comme une peine collective au regard du droit international humanitaire.

Jacques Duffaut
©Âli Rui/Pool/Epa/MaxPPP
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