Parentalité : des espaces-rencontres pour permettre le droit de visite

Publié le 18/02/2013
France
 

Depuis quatre jours, un père ayant perdu son droit de visite auprès de son fils, a poussé le gouvernement à s’interroger sur l’exercice de la parentalité en cas de divorce. À Coutances, un espace de rencontre tenu par le Secours Catholique permet à des parents d’exercer leur droit de visite auprès de leurs enfants après une séparation ou un divorce difficile.

Samedi 16 février, Serge Charnay s’est retranché dans une grue de l’ancien chantier naval de Nantes. Très vite, il a fait connaître ses revendications : retrouver un droit de visite auprès de son fils, Benoît, qu’il n’aurait pas vu depuis deux ans.

Selon les statistiques du ministère de la Justice, datant de 2010, dans 72,1% des divorces, la garde des enfants revient à la mère. Une proportion en diminution régulière ces dernières années au bénéfice de la garde alternée qui touche 20% des cas d’enfants de divorcés, un système reconnu officiellement par la loi depuis 2002.

Quand il n’a pas la garde, le second parent peut avoir un droit de visite. Pour l’assurer dans les meilleures conditions, environ 150 espaces de rencontres ont été mis en place en France. Ces lieux neutres permettent l’exercice de l’autorité parentale et du droit d’accès de l’enfant à ses deux parents, droit affirmé en 1990 dans la Convention internationale des droits de l’enfant et figurant dans le code civil français depuis mars 2007. La plupart des espaces de rencontre relèvent d’une collectivité territoriale, en lien avec le tribunal de grande instance, et sont animés par des professionnels salariés. Mais d’autres ont été confiés à des associations.

Un espace-rencontre tenu par le Secours Catholique

À Coutances (Manche), c’est au Secours Catholique que la juge aux affaires familiales a demandé, il y a quatre ans, de créer ce type de lieu. L’association reçoit directement l’ordonnance judiciaire qui fixe des modalités du droit de visite du parent non-hébergeur de l’enfant : une rencontre dans l’espace de rencontre Les Colibris ou une sortie autorisée ; une visite toutes les semaines, ou deux fois par mois…

Les 14 bénévoles du Secours Catholique impliqués dans le projet prennent alors contact avec les parents séparément et établissent avec eux un calendrier des visites. Ces dernières peuvent durer la journée ou une demi-heure. « On commence par un temps court car certains enfants rencontrent alors leur père pour la première fois, cela peut être difficile pour eux », explique Odile, l’une des fondatrices. La majorité des parents accueillis aux Colibris sont jeunes. « Souvent, la mère a demandé une pension alimentaire après une rupture difficile avec son conjoint et le juge a exigé un droit de visite en retour », ajoute-t-elle.

Ce samedi 16 février, les trois bénévoles du Secours Catholique n’ont pas eu beaucoup de rendez-vous. Un père est venu chercher son fils Lucas pour la journée, un autre a passé une heure avec ces trois garçons pour la première fois depuis deux mois, et le dernier… n’est pas venu, sans prévenir. « Nous ne savons pas ce qu’ils deviennent une fois le droit de visite encadré par l’ordonnance judiciaire fini, avoue Odile. Mais cette année, nous avons reçu une lettre de remerciement d’une grand-mère qui venait voir sa petite-fille aux Colibris. Grâce à ces moments, elle a pu renouer des liens avec sa fille, la mère de sa petite-fille, en rupture avec elle depuis plusieurs années. »

 

Sophie Lebrun
© Darek Szuster/Photopqr/L’Alsace
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