Pauvreté : le CNLE appelle à renforcer la cohésion sociale

Publié le 22/03/2012
France
 

À l’approche des élections, présidentielle et législatives, le Conseil national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), dont le Secours Catholique est membre, présente ses recommandations sur les points clés de cette détresse.

Les membres du CNLE considèrent que ces temps de crise doivent affermir l’ambition collective de notre société de renforcer sa cohésion sociale en luttant contre la pauvreté, l’exclusion et les discriminations. La promotion de la solidarité, l’appel à une coresponsabilité qui amène chacun à faire ce qui dépend de lui, au-delà des institutions spécialisées, peuvent ouvrir des issues durables à la crise.

Une stratégie d’action globale, multidimensionnelle et multipartenariale

Le CNLE en appelle, plus que jamais, à la détermination politique et à son instrument : une stratégie d’action globale, multidimensionnelle et multipartenariale.

Cette détermination politique doit continuer de s’afficher au travers d’engagements chiffrés, associés à des indicateurs précis. Pour atteindre ces objectifs, il faudra se doter d’une stratégie d’ensemble, basée sur un plan interministériel bâti pour cinq ans et qui engage la responsabilité du gouvernement. Ce plan devra être le moteur du Programme d’action global et multipartenarial pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, dont le CNLE renouvelle, de façon pressante, la demande de mise en place.

Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) est un organe consultatif placé auprès du Premier ministre. Composé de 54 membres, il assure la concertation entre les pouvoirs publics et les associations, les partenaires sociaux, les organismes et les personnes qualifiées agissant en ce domaine. Il a pour mission d’assister le gouvernement de ses avis sur toutes les questions de portée générale concernant la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, d’animer les réflexions et de faire des propositions sur les méthodes de coordination et de pilotage des politiques d’insertion sur les plans national et local.

Les enjeux majeurs identifiés par le CNLE

Emploi : stabilisation des contrats de travail « atypiques » – CDD à répétition, contrats de projet, détournement du statut d’autoentrepreneur, vacataires de la fonction publique à CDD perpétuels… –, progression ou reconnaissance des qualifications associées à ces contrats. Meilleur accès des personnes en difficulté à des emplois classiques, renforcement des moyens de la formation professionnelle.

Pôle emploi : inscription avant le licenciement ou le non-renouvellement du CDD ; moyens accordés à Pôle emploi en phase avec les besoins des demandeurs d’emploi, des salariés en poste et des entreprises. Dénonciation des serveurs vocaux « ne permettant pas d’accéder aux services attendus, sources d’incompréhension ».

Contrats aidés : plus de souplesse pour un meilleur ajustement des contrats aux besoins des personnes (flexibilité des durées des contrats et du temps de travail hebdomadaire) ; meilleur accès à la formation, maintien de l’inscription comme demandeur d’emploi pendant la durée du contrat aidé.

RSA : augmentation de 25 % du RSA socle (successeur du RMI) au plus tard dans les cinq ans ; renforcement, là encore, de la formation professionnelle.

RSA jeunes : suppression de la condition de deux ans d’emploi avant l’ouverture des droits, pour faire bénéficier de ce complément de salaire tous les jeunes qui en ont besoin (seuls 10 000 foyers sont actuellement allocataires).

Logement : offrir au moins un hébergement d’urgence à toute personne en détresse ; contenir l’augmentation des loyers, rétablir l’indexation des aides au logement sur les niveaux réels des loyers du privé et du public.

Aide médicale d’État (AME) : levée immédiate des restrictions à l’AME (soins gratuits pour les sans-papiers) ; fusion de l’AME et de la couverture maladie universelle (CMU) par souci de simplification pour les bénéficiaires et les professionnels de santé et pour un parcours de soins sans rupture.

CMU complémentaire (CMU-C) : condition de ressources maximale pour l’accès à cette assurance complémentaire santé gratuite, relevée à hauteur du seuil de pauvreté de 954 euros (60 % du niveau de vie médian de la population).

Europe : en application de la stratégie Europe 2020, définir un objectif de réduction « significative » de la grande pauvreté (population vivant au-dessous du seuil de pauvreté à 40 % du revenu médian, soit avec 636 euros par mois). Cela pour « casser la tendance à l’aggravation observée depuis sept années ».

Planification : nécessité d’un plan interministériel de lutte contre la pauvreté de cinq ans ; réunion régulière du Conseil interministériel de lutte contre l’exclusion (Cile) pour le renforcement de la coordination indispensable des actions de lutte contre la pauvreté.

Le CNLE insiste sur la nécessité du renforcement de la cohésion sociale en temps de crise, alors même que tous les indicateurs d’accroissement des inégalités entre riches et pauvres sont au rouge.

Autant de recommandations défendues par le Secours Catholique.

© PhotoPQR/Nice-Matin/Ray/Maxppp
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