Pauvreté : plus de travail pour enrayer sa progression

Publié le 30/03/2012
France
 

Le septième rapport annuel de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES, dont le Secours Catholique est membre) montre la voie pour enrayer la montée de la pauvreté, qui touche actuellement près de 8,2 millions de personnes, soit 13,5 % de la population.

À défaut de faire de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi et des titulaires du RSA [très insuffisante, ndlr], « une priorité majeure des années à venir » et à défaut d’accorder plus de travail aux travailleurs à temps partiel ou réduit, « il faut s’attendre en 2012 à une augmentation sensible du nombre de personnes en situation de pauvreté », prévient l’ONPES.

RSA à 70 % du salaire minimum

Bernard Schricke, directeur de l’Action France et Europe au Secours Catholique situe, lui, le RSA à 70 % du salaire minimum, « pour que personne ne soit sous le seuil de [grande] pauvreté à 40 % du niveau de vie médian de la population », soit 640 euros mensuels. « Il y a encore des marges de manœuvre pour cela dans notre société en crise mais qui reste riche, affirme le directeur, c’est une question de meilleure répartition de cette richesse. »

Indexation de l’APL sur l’évolution des loyers

L’Observatoire en appelle parallèlement à l’indexation du RSA sur la moyenne des rémunérations et à celle de l’Aide personnalisée au logement sur le prix des loyers. « Les budgets nécessaires sont modestes au regard des masses financières [du] système de protection sociale dans son ensemble », rassure l’Observatoire. La prévention du « basculement ou de la persistance de la grande pauvreté » en dépend, au moins en partie, note le rapport.

« Nette progression » de la grande pauvreté

La même préoccupation commande une « vigilance » particulière à l’égard des quelque deux millions de personnes très pauvres, celles vivant avec moins de 40 % du niveau de vie médian. Celles-ci sont « en nette progression » depuis 2000 (3,3 % de la population en 2009 contre 2,7 % il y a douze ans). Les familles monoparentales, les jeunes et les adultes isolés, les femmes âgées de plus de 75 ans sont les plus exposés à cette grande pauvreté.

Inégalités pénalisantes

La lutte contre les inégalités a aussi un rôle à jouer contre la grande pauvreté : accès aux logements sociaux inégalement réparti sur le territoire, charges de logement croissant proportionnellement davantage pour les familles les plus modestes que pour les autres, dépenses de santé relativement plus importantes, chômeurs et travailleurs les moins qualifiés quasiment exclus de la formation professionnelle…

« Divorce » avec les institutions

Des freins à l’accès aux droits sont signalés par l’Observatoire : insuffisance de moyens mais aussi « attitudes, langages, conditions d’accueil contribuant largement à entretenir un divorce » entre les institutions et les personnes qui en ont besoin. Il faut donc, indique l’ONPES, « faire une place effective aux usagers dans l’organisation et l’évaluation de ces institutions ». L’Observatoire confirme ce qu’a déjà relevé le Secours Catholique sur « les ressources et aptitudes considérables des personnes, même fragilisées ».

Confiance malgré tout

L’Observatoire de la pauvreté reconnaît cependant que les prestations sociales permettent de « réduire de huit points la part des personnes sous le seuil de pauvreté ». Par la voix de son président Jérôme Vignon, l’institution relativise son « message d’alarme » par sa confiance dans « le système de protection sociale complet et sophistiqué », grâce auquel « la France a su limiter les effets de la crise ».

 

François Tcherkessoff (avec AFP)
© PhotoPQR/Le Républicain lorrain/Julio Pelaez/Maxppp
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