Personnes âgées : une mobilisation nationale contre l’isolement

Publié le 28/01/2014
France
 

L’association MONALISA*, qui rassemble des représentants d’associations et d’organismes publics et privés d’accompagnement des personnes âgées, a lancé officiellement lundi 27 janvier une mobilisation nationale contre l’isolement. Paul Charvet, chargé de projet personnes âgées au Secours Catholique, explique l’importance du projet.

Lundi 27 janvier, vous avez participé au lancement de la Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés. Qu’en est-il concrètement ?

À cette occasion, l’association MONALISA* a présenté une charte qu’elle propose pour la mise en place d’équipes locales de bénévoles en vue de lutter contre l’isolement. C’était la mesure phare de notre rapport remis en juillet dernier à Michèle Delaunay, ministre chargée des personnes âgées.

Cette charte a déjà été signée par tous les membres de l’association MONALISA : que ce soit les associations accompagnant déjà des personnes âgées isolées comme le Secours Catholique, ou les organismes publics et privés impliqués dans ce domaine (les CCAS, les centres sociaux, les caisses d’assurances vieillesses, les Maires de France, etc.). Désormais, tout groupe de personnes (ou individu) voulant rejoindre la lutte contre l’isolement des plus âgés pourra devenir (ou rejoindre) une équipe “Monalisa” en signant cette charte, sans être forcément membre d’une association déjà existante.

Cela permettra plus de liberté aux citoyens mobilisés, tout en assurant qu’ils aient les outils pour s’engager. Car dans cette charte, se trouvent les bases de la mobilisation que nous voulons impulser : l’importance du travail en équipe, le besoin de formation, et la responsabilité d’un coordinateur local.

Est-ce une initiative menée par le ministère chargé des personnes âgées ?

L’impulsion première vient de la ministre, Michèle Delaunay. Il y a un an, elle a invité tous les acteurs de la lutte contre l’isolement des personnes âgées autour de la table. En travaillant ensemble pendant plusieurs mois en vue de lui remettre un rapport en juillet dernier, nous avons réalisé la richesse de notre pluralité et le besoin de créer des ponts entre nos actions. C’est pourquoi, en décembre, nous sommes devenus une association autonome (loi 1901).

Aujourd’hui, nous nous mettons en action pour ouvrir nos réseaux les uns aux autres et voir les lieux qui ont besoin de soutien pour établir une présence auprès des personnes âgées isolées. Certains maires nous ont déjà adressé des demandes.

Quelles sortes de demandes recevez-vous ?

L’association Monalisa est déjà sollicitée par différents partenaires locaux : mairies, CCAS, UDCCAS, etc.Ce sont des autorités publiques qui ont conscience qu’il y a un manque sur leur territoire.

Au sein du Secours Catholique, chaque délégation va décider si ses équipes locales qui rendent visites à des personnes âgées ou qui organisent des vacances avec elles veulent devenir équipes “Monalisa”. Cela n’entraine pas un grand changement car les valeurs que l’on porte sont les mêmes, mais cela ouvre des liens avec d’autres équipes issues d’organisations différentes mais ayant le même souci.

Y a-t-il des équipes déjà opérationnelles ?

Nous avons commencé à identifier des lieux où les acteurs s’apprêtent à développer des partenariats pour faire naitre des équipes “Monalisa”. Aujourd’hui, ce sont surtout des liens et une mobilisation coordonnée et commune qui se mettent en place. Ainsi, dans le Nord, des échanges de savoir et de bonnes pratiques sont déjà enclanchés.

L’État va-t-il mobiliser des fonds pour soutenir les équipes “Monalisa” ?

Il n’y a pas de financement public prévu pour faire vivre l’association Monalisa. Néanmoins, plusieurs acteurs publics vont sûrement s’engager à soutenir financièrement les équipes de terrain et inciter des jeunes à s’engager auprès des équipes Monalisa. Comme par exemple, l’agence du service civique.

* MONALISA est l’abréviation de MObilisation NAtionale contre l’Isolement des Agés.


Analyse : l’impact du lien social sur le maintien de l’autonomie des personnes âgées

En décembre 2013, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a publié une étude qualitative évaluant l’impact du lien social sur le maintien de l’autonomie des personnes âgées.

Ils s’appellent Roger, Thérèse ou Suzana*. Ce sont des personnes âgées accompagnées par l’une des associations du collectif Combattre la solitude des personnes âgées, dont fait partie le Secours Catholique. Début 2013, ils ont reçu la visite de chercheurs du Crédoc, chargés par le collectif de mener une étude sur les effets du “lien social” sur la préservation de leur autonomie.

Quelles sont les interactions entre isolement et perte d’autonomie ? Quel est l’impact du bénévole ? Le Crédoc tente d’y répondre dans son enquête rendue publique en décembre dernier. Il y détaille les différents aspects de l’isolement des 15 témoins rencontrés. Surtout, il analyse le rôle du bénévole dans l’environnement relationnel des personnes âgées.

Pour lire l’étude : www.credoc.fr

* Les prénoms ont été changés.

Sophie Lebrun
© pfP
Deux mamies sourient bras-dessus bras-dessous
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Lien social et lutte contre l'isolement
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