Philippines : « La solidarité entre habitants est très forte ! »

Publié le 11/12/2013
Philippines
 

De retour des Philippines, Yoann Maldonado, chargé de projets au département Urgences internationales du Secours Catholique, dresse le constat d’un pays où population, État et Ong internationales, agissent de concert pour entamer au plus vite la reconstruction après le passage dévastateur du typhon Haiyan.

Quelle est aujourd’hui la situation sur place ?

Sur l’île de Panay où je me suis rendu, les maisons sont détruites sur des centaines de kilomètres. Il y a de nombreux débris, des toits en tôle arrachés (notamment ceux des écoles). Mais la zone est moins touchée que celle de Tacloban, quasiment rasée.

J’ai été surpris par la capacité des Philippins à reconstruire (beaucoup de maisons sont déjà réparées), ainsi que de l’efficacité des autorités à dégager les routes, réparer les poteaux électriques. La solidarité entre voisins est très forte. Les distributions alimentaires se déroulent dans le calme et le respect.

Où en est l’aide apportée ? La reconstruction a-t-elle commencé ?

La reconstruction des zones affectées par le typhon est en bonne voie. La population manifeste une grande solidarité envers les familles, les amis, les voisins. L’aide vient de partout. Le gouvernement philippin est très actif et les ONG nationales et internationales, coordonnées par le bureau de coordination humanitaire des Nations unies (Ocha), distribuent l’aide alimentaire dans le calme et le respect.

Aux côtés des neuf Caritas diocésaines et de la Caritas nationale (Nassa), une quinzaine de Caritas internationales assurent les distributions de première nécessité (nourriture, vêtements, kits d’hygiène, abris) et réfléchissent au meilleur moyen de rendre une vie normale aux populations sinistrées. Les réflexions en cours portent sur la relance des activités de pêche : comment reconstituer une flotte sans détruire la forêt environnante, déjà mise à mal par le typhon ?

L’aide humanitaire arrive-t-elle à couvrir toutes les zones affectées ?

Il y a des distributions alimentaires du réseau Caritas en cours dans toutes les zones affectées, mais elles ne couvrent pas toutes les victimes du typhon. Le gouvernement et les autres ONG sont également très actifs, mais je ne suis pas sûr que la réponse globale couvre tous les besoins car certaines victimes résident dans des zones difficilement accessibles (en montagne, à plusieurs heures de marche des routes, donc impossible d’y acheminer le matériel en camions). Il y a aussi des distributions de vêtements, de produits de première nécessité (savons, ustensiles de cuisine) et de kits pour renforcer les abris (bâches, clous, planches).

Quel est le bilan actuel de la catastrophe ?

Sur plus de 10 millions de Philippins touchés par le typhon dans 9 régions du pays, le bilan provisoire actuel s’élève à près de 6 000 morts, 1 759 disparus, 26 136 blessés, 851 655 familles déplacées, 1 169 000 maisons endommagées dont 583 000 entièrement détruites.

À déplorer également des catastrophes écologiques comme les 200 000 litres de fuel échappés d’un bateau échoué sur un des rivages de l’île de Panay et qui ont provoqué une marée noire.

À combien s’élèvent les dons reçus du public et sont-ils suffisants ?

L’argent recueilli par les Caritas pour reconstruire les îles endommagées couvre entièrement l’appel d’urgence de 3,9 millions d’euros lancé par Nassa juste après la catastrophe. Cette somme couvrira toutes les aides pendant trois mois. En février, un autre appel sera lancé au réseau, cette fois-ci pour une durée d’action de six mois. Cette seconde contribution financera essentiellement les activités de réhabilitation : reconstruction de maisons, d’écoles, relance économique de l’agriculture et de la pêche.

Jacques Duffaut
©Yoann Maldonado/Secours Catholique
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