Politique familiale : la position du Secours Catholique sur la pauvreté entendue

Publié le 04/06/2013
France
 

En consacrant une partie des économies réalisées à la lutte contre la pauvreté des familles et des enfants, le plan de réforme de la politique familiale s’inspire des recommandations de la Conférence de lutte contre la pauvreté de décembre dernier, recommandations auxquelles le Secours Catholique a largement contribué.

« Le taux de pauvreté des enfants dans notre pays est inacceptable : un enfant sur cinq est touché. Des besoins essentiels sont encore mal couverts, avec de fortes disparités sociales et territoriales : je pense bien sûr aux places d’accueil des jeunes enfants. » C’est une des heureuses surprises du gouvernement Ayrault sur la réforme de la politique familiale : alors qu’il n’était question jusque-là que de chasser le déficit, à l’issue du Haut Conseil de la famille ce lundi 3 juin, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une réforme pour lutter contre la pauvreté des familles en général et des enfants en particulier. Un cheval de bataille sur lequel le Secours Catholique est engagé de longue date.

« Sur le million et demi de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté que l’association rencontre, 668 000 sont des enfants. Les chiffres de notre dernier rapport statistique le montrent : nous accueillons au fil des années plus de familles et plus d’enfants vivant dans la pauvreté, et cette pauvreté augmente et s’installe », alerte Brigitte Alsberge, responsable des Solidarités familiales au Secours Catholique.

C’est pour répondre à cette urgence que le Secours Catholique s’est engagé au mois de décembre dernier dans la Conférence de lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui, l’esprit des préconisations issues de cette mobilisation est repris par le gouvernement Ayrault. Ainsi, parmi les économies réalisées, cinq cents millions seront réinvestis dans la réduction de la pauvreté des enfants et de leur famille.

Trois mesures en particulier devraient y contribuer : l’augmentation de 25 % de l’allocation de soutien familial pour aider les familles monoparentales, qui bénéficiera à 750 000 familles ; la majoration de 50 % du complément familial pour les familles nombreuses vivant sous le seuil de pauvreté, mesure qui devrait toucher, elle, près de 400 000 familles ; enfin, le financement de 275 000 solutions d’accueil supplémentaires pour les jeunes enfants, dont 100 000 nouvelles places en crèche, devrait favoriser l’insertion économique des femme seules.

Des mesures qui, si elles constituent une première étape encourageante pour réduire la pauvreté des familles, ne sauraient suffire à gagner définitivement ce combat.

 

Emmanuel Maistre
© Xavier de Torres/Maxppp
Portrait de famille
Plus d'informations
Soutien aux familles et à l'enfance
# sur le même thème