Prison : les recommandations du Secours Catholique à l’Élysée

Publié le 12/06/2013
France
 

Le 11 juin, le Secours Catholique a exposé aux membres de cabinet du président de la République les mesures qu’il juge nécessaire d’intégrer à la loi pénale soumise au vote du Parlement à l’automne.

Mardi 11 juin, François Soulage et Jean Caël, respectivement président du Secours Catholique et responsable du département Prison-Justice de l’association, ont remis à la directrice de cabinet de François Hollande, Sylvie Hubac, les principales recommandations du Secours Catholique concernant les personnes incarcérées et sous main de justice.

Tout le travail tend à réconcilier

Invités à faire part de leur expertise et de leurs constatations à la suite d’un article paru en avril dans Messages, le mensuel de l’association, MM. Soulage et Caël ont exposé à Mme Hubac et à son conseiller chargé de la justice, Pierre Valleix, leur analyse (voir document ci-dessous) en vue de promouvoir les peines de probation, réduire la surpopulation carcérale, et aider les sortants à se réinsérer. Les demandes du Secours Catholique sont le fruit longuement mûri de son équipe nationale Prison, composée de bénévoles engagés et d’experts. Cette équipe, dont tout le travail tend à réconcilier les personnes « placées sous main de justice » et la société, réclame au gouvernement l’octroi d’un statut « d’intervenant extérieur », différent de celui des visiteurs de prison, qui leur faciliterait l’accès en détention sans être trop entravé par de drastiques mesures de sécurité.

De nombreuses personnes sortent de prison sans papiers

L’expertise de cette équipe Prison a permis aux deux émissaires reçus à l’Élysée le 11 juin de souligner que 80 % des personnes sortant de prison ne sont pas préparées à la sortie, ne sachant pas comment se réinsérer : c’est là une forme de pauvreté. Autre constat, de nombreuses personnes sortent de prison sans papiers d’identité et sans dossiers leur permettant d’accéder aux droits (retraite, RSA, AAH, etc.). Le Secours Catholique demande qu’il soit fait obligation de ne laisser sortir personne sans papiers d’identité et sans que les dossiers ouvrant aux droits soient instruits au préalable.

En vue de favoriser la réinsertion, le Secours Catholique demande l’embauche des 1 000 postes prévus au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), dont les agents sont submergés par les dossiers et n’ont plus l’approche humaine que leur tâche exige.

Le Secours Catholique espère que le projet de loi pénale qui devrait être soumis au Parlement à l’automne reprendra ses principales demandes.

Jacques Duffaut
© PhotoPQR/L’Est Républicain/Maxppp
Les barreaux d'une prison donnant sur un espace vert
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