RDC : malgré la chute de Goma, les Caritas locales à pied d’œuvre

Publié le 23/11/2012
Goma
 

Trois jours après la chute de Goma, ville de l’est de la République démocratique du Congo tombée aux mains des rebelles du M23 le 20 novembre, l’aide humanitaire est plus urgente que jamais. La Caritas Goma reste mobilisée.

« Ce matin toute notre équipe est sur le terrain en train de collecter les informations pour nous permettre d’avoir un nombre précis de déplacés. Nous sommes tous au travail », dit l’abbé Oswald Musoni, directeur de Caritas Développement Goma.

Un calme relatif règne sur la capitale du Nord-Kivu, une des provinces orientales de ce vaste pays, frontalière du Rwanda et de l’Ouganda. La population, qui avoisine le million d’habitants, retrouvait ce vendredi matin un semblant de vie normale après avoir essuyé les tirs des rebelles qui, mardi 20 novembre, se sont emparés de la ville. « Ce matin, les boutiques sont ouvertes et la ville semble avoir repris vie. Mais il faut rester prudent », précisait l’abbé Musoni jeudi matin. En début d’après-midi, un autre membre de la Caritas Goma, Taylor Kakala, annonçait que « des coups d’artillerie lourde recommençaient ».

La prise de la ville par le M23 [1] mardi dernier a provoqué un déplacement de population important. Un camp de déplacés installé dans la périphérie de Goma qui jusqu’ici accueillait 60 000 personnes a été entièrement vidé. Certains de ces déplacés se sont réfugiés au Rwanda voisin, d’autres – la majorité – ont fui vers l’intérieur du pays.

La situation humanitaire est très critique

Chargé du programme des urgences en Afrique au Secours Catholique, Quentin Peiffer précise que « l’ensemble des personnels internationaux travaillant pour les ONG a été évacué. » Or, dans ce pays secoué par les conflits armés depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les ONG assurent un soutien humanitaire vital à la population de la région. À l’heure actuelle, les habitants de la ville n’ont plus ni eau ni électricité. L’accès aux services de base est quasiment inexistant, à l’exception des hôpitaux qui ont pu rester ouverts. « Notre partenaire, la Caritas Développement Goma, précisait jeudi Quentin Peiffer, a réussi à maintenir une capacité d’intervention minimale ».

Dans les jours qui viennent, la Caritas Congo va lancer un appel d’urgence au réseau mondial Caritas. Les premiers besoins à couvrir concernent essentiellement l’alimentation et l’hygiène. La Caritas nationale entend distribuer au plus tôt des colis alimentaires, des kits d’hygiène ainsi que des objets de première nécessité tels que couvertures, jerricans. Apparaît également comme une nécessité la mise en place de structures pour accueillir les enfants directement touchés par le conflit.

Par ailleurs, les évêques d’Afrique ont lancé un appel à l’arrêt de la guerre et au respect de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (lire document joint).

Notes:

[1] Le Mouvement du 23 Mars (M23) est composé d’anciens rebelles réintégrés dans l’armée congolaise à la suite d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa et qui se sont ensuite mutinés, en avril 2012.

Sophie Lebrun, Jacques Duffaut
© Dai Kurokawa/EPA/Maxppp
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