Réseau des Accorderies : une première rencontre à Paris

Publié le 22/10/2014
Paris
Réseau des Accorderies : une première rencontre à Paris
 

Vous êtes un as du bricolage mais ne savez pas dire deux mots en anglais à votre grand désarroi et ne disposez pas du budget nécessaire pour vous former ? Une Accorderie peut vous aider ! En en devenant membre, vous pourrez proposer vos compétences gratuitement, et en échange du service réalisé pour un autre accordeur, vous recevrez un "chèque temps". Une heure de service rendue égale une heure de service reçu, quelle que soit la nature de ce service.

Développer le pouvoir d’agir de chacun : voilà tout le sens de la mission des Accorderies, et le thème de leur premier débat qui aura lieu jeudi 23 octobre à Paris et réunira les accordeurs, les salariés et leurs partenaires.

Le concept a été importé du Québec par la fondation Macif en 2011. Depuis, il ne cesse de se développer partout en France : on compte aujourd’hui 15 Accorderies, 2 500 accordeurs, et 8 000 services échangés pour un équivalent de plus de 15 000 heures en 2013. Les délégations du Secours Catholique sont à l’origine de la création des Accorderies de Chambéry (la première à avoir vu le jour en France) et d’Annecy.

Face à ce succès, le Réseau national des Accorderies a été créé il y a un an pour accompagner leur naissance et leur développement. « Le réseau vise à assurer la conformité des projets aux objectifs de l’Accorderie : la lutte contre l’exclusion et la précarité, la mixité sociale et la mise en œuvre du "pouvoir d’agir" », explique Philippe Lefilleul, responsable du département Mobilisation citoyenne au Secours Catholique-Caritas France et membre du conseil d’administration du Réseau.

Modèle économique

Il s’agit aussi d’aider les porteurs de projet à définir leur budget, leur fonctionnement, leurs besoins salariaux. Et de prendre conscience de l’importance de trouver un modèle économique viable. « Une Accorderie coûte entre 40 000 et 70 000 euros par an », indique Philippe Lefilleul. Comment, dès lors, financer son fonctionnement et son développement quotidien ?

C’est sur cette question du modèle économique que réfléchiront les participants lors d’ateliers de travail, vendredi 24 octobre. « La fondation Macif apporte un soutien financier aux Accorderies nouvellement créées, mais l’objectif est qu’elles s’autonomisent », précise Philippe Lefilleul.

Une des pistes est de trouver des partenaires locaux. De plus en plus d’Accorderies fonctionnent en effet avec des subventions publiques des Conseils généraux et mairies qui estiment que ce projet solidaire s’intègre dans leur politique. Les Caisses d’allocations familiales commencent, elles aussi, à financer localement.

Marina Bellot

© Mourad Chefaï/Macif
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