Rio+20 : « Nous voulons une économie écologique ! »

Publié le 22/06/2012
Brésil
 

Alors que s’ouvrait la conférence officielle de l’ONU sur le développement durable, en présence des délégués de 193 États membres, la société civile a réalisé une marche dans le centre-ville de Rio de Janeiro afin de protester contre la marchandisation de la nature.

La déclaration finale de la Conférence des Nations unies sur le développement durable a été entérinée le 19 juin à Rio de Janeiro par les délégués des États. Ce texte, intitulé « L’Avenir que nous voulons », donne la vision que les gouvernements veulent pour l’avenir. Malgré quelques avancées, notamment sur l’accès à l’eau et la protection des océans, nombre de participants estiment que le texte est faible et en reste largement aux formules vagues et molles. Le mot échec était sur la bouche de toutes les ONG.

Un texte « mou »

Le collectif Rio+20, dont le Secours Catholique est membre, estime qu’il n’y a pas de travail sur les solutions nécessaires à la crise et qu’il n’existe toujours pas réellement une vision intégrée entre l’environnement, l’économique et le social. Par ailleurs, le collectif estime que « le texte ne sort jamais d’une priorité accordée à la technologie et au fonctionnement d’un marché concurrentiel en contournant toute disposition de régulation, de planification, de prise d’engagement à portée juridique et toute amélioration des comportements ». « Ce qui transparaît avant tout, c’est l’image d’un monde paralysé par les rebonds imprévisibles de la crise économique et financière. La crise génère pour le moment un conservatisme consistant à figer les positions actuelles et en aucun cas la recherche de solutions nouvelles. » Toutefois le collectif français souligne certaines avancées, comme la participation active des syndicats à la Conférence et la place plus importante accordée à la société civile. « Il a été décidé dans les dernières négociations que le rôle de la société civile ne se limiterait plus à de la simple observation mais qu’elle serait associée au processus de négociations, explique Jacqueline Hocquet, responsable du plaidoyer au Secours Catholique, qui estime toutefois le texte officiel trop mou. Nous ne savons pas encore comment cette participation active de la société civile se fera, mais c’est une immense avancée. »

Une marche pour un monde plus juste

En milieu d’après-midi, alors que les chefs d’États se succédaient à la tribune pour commenter la déclaration finale, les représentants de la société civile, réunis au sein du Sommet des peuples, ont organisé une marche dans le centre-ville de Rio de Janeiro afin de protester contre la marchandisation de la nature. Plus de 60 000 personnes, venues du monde entier, membres d’associations, de syndicats ou autres, ont affronté la pluie brésilienne afin de réclamer « un monde juste et vert ». La délégation du réseau Caritas s’est jointe à cette marche. Brésiliens, Congolais, Français, Péruviens, Philippins, etc., du réseau Caritas ont martelé des slogans afin d’obtenir un monde plus fraternel et plus juste. Pour Martina Liebsch, directrice du plaidoyer de Caritas Internationalis, se joindre à cette marche est une évidence : « notre participation est essentielle car nous représentons tous une grande famille humaine. Il ne faut pas marchander la création. Il faut pouvoir trouver la balance entre ce qu’il nous faut pour vivre et ce que nous devons laisser aux générations futures. » Humberto Ortiz Roca, secrétaire exécutif de la commission épiscopale d’action sociale du Pérou, résume la situation : « Nous sommes aujourd’hui dans une écologie économique alors que nous avons besoin d’une économie écologique, qui réponde à la transformation et aux besoins de la société ! »

 

Clémence Richard
© Marcelo Sayão/EFE/MAXPPP
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