Rio+20 : un texte final peu ambitieux et déclaratoire

Publié le 25/06/2012
Monde
 

La Conférence des nations unies sur le développement durable (Rio+20) s’est achevée le 22 juin dernier à Rio de Janeiro. Les organisations de la société civile, réunies parallèlement dans un Sommet des peuples, ont dénoncé une déclaration finale trop faible. Le réseau Caritas juge quant à lui le texte peu ambitieux, malgré quelques points positifs.

Le Sommet des peuples, qui s’est clôturé en même temps que Rio+20, le 22 juin, a jugé les engagements pris par les chefs d’États dans leur déclaration finale comme manquant d’audace et estime qu’ils proposent de fausses solutions.

Lors de l’assemblée finale des peuples, à Flamengo à plusieurs kilomètres de la conférence officielle, le comité du Sommet des peuples a pris l’engagement de poursuivre la lutte contre un système injuste et destructeur. Les organisations de la société civile se sont engagées à mener plusieurs campagnes, notamment contre l’économie verte proposée par l’ONU et qu’elles décrient depuis le début de l’événement.

Pas d’avancées mais un recul

Le collectif Rio+20, dont le Secours Catholique est membre, juge le texte « purement déclaratif et sans aucune contrainte […] ni rupture avec le modèle actuel, responsable de la crise multiple que nous traversons ». Il dénonce une déclaration qui « fait l’impasse sur les réels défis de la mondialisation, l’épuisement des ressources naturelles, et l’évolution de l’économie mondiale ». « Finalement, tout au long de ces pages, la déclaration prône un verdissement de l’économie, en gardant le marché comme boussole et la préservation des intérêts nationaux à court terme. » Fanny Simon, membre de l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec), membre du collectif, qui était à Rio, estime que le texte représente « un recul énorme » par rapport à il y a quinze ans et regrette que les engagements pris se basent sur des partenariats public-privé.

Un texte purement déclaratoire

Le réseau Caritas et le Secours Catholique, plus modérés, soulignent, malgré une réelle déception, quelques points positifs tels que l’affirmation de la lutte contre la pauvreté comme préoccupation principale pour la réalisation du développement durable, et la reconnaissance de l’évolution de la production et de la consommation non durables, la protection et la gestion des ressources naturelles comme objectifs primordiaux et essentiels pour le développement durable. Le réseau se félicite de l’évocation à plusieurs reprises par les négociateurs de systèmes de protection sociale pour tous les citoyens, mais affirme qu’il y a une réelle nécessité d’engagement sérieux. La confédération internationale estime que « tout cela reste, cependant, purement déclaratoire ».

Caritas « regrette le manque d’innovations en terme de principes de développement durable malgré quarante ans de pourparlers et d’échecs évidents des modèles actuels ». Le réseau dénonce également le fait que la déclaration finale « néglige la responsabilité des grandes compagnies extractives, d’agrobusiness et d’industrie, dans l’état du développement aujourd’hui. » Le réseau et ses membres promettent donc de rester vigilants dans le suivi des partenariats public-privé, afin « qu’ils ne soient pas gérés de telle manière que les ressources naturelles, qui devraient être accessibles à tous, deviennent des marchandises et donc accessibles uniquement à ceux qui en ont les moyens ».

Par ailleurs, le réseau Caritas, comme toutes les organisations de la société civile présentes à Rio, conteste la mention faite dans le document officiel « avec la participation de la société civile », rappelant que le Sommet des peuples, financé par le gouvernement brésilien, avait été installé à plusieurs kilomètres de la Conférence officielle, de telle manière qu’il n’y a eu aucun échange entre les deux.

 

Clémence Richard
crédit : Élodie Perriot/SC
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