Roms : les expulsions à répétition, une catastrophe humanitaire

Publié le 28/03/2013
France
 

Les démantèlements de camps de Roms se poursuivent à un rythme soutenu. La dernière en date dans l’Essonne laisse un goût amer aux associations. La délégation locale du Secours Catholique dénonce une catastrophe humanitaire.

Quinze jours après l’annonce par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de sa décision de poursuivre les démantèlements des camps, le bidonville dit de Moulin-Galant, situé dans l’Essonne, a été investi par les forces de police le 28 mars au petit matin. D’après la délégation départementale du Secours Catholique, très engagée auprès des Roms, ses 300 occupants ont été expulsés sans qu’aucune solution alternative ne soit proposée, contrairement à ce que prévoit la circulaire du 26 août 2012.

Pourtant, toujours d’après les chiffres de l’association, 75 % de ces familles vivent en France depuis plus de cinq ans, 54 % depuis plus de dix ans et certaines depuis presque vingt-cinq ans. Par ailleurs, 61 % des enfants âgés de 6 à 16 ans vivant dans ce bidonville sont scolarisés. En outre, la moitié des familles avaient un travail régulier. Le Secours Catholique, avec d’autres associations, intervenait auprès de ces familles pour leur domiciliation, l’aide alimentaire et l’aide aux devoirs.

« Les expulsions rajoutent de la misère à la misère »

« Ces expulsions à répétition ne font que rajouter de la misère à la misère, dénonce l’association. Ainsi, depuis le 11 mars 2013, plus de 930 personnes ont été jetées sur les routes et se déplacent de bidonvilles en bidonvilles. La catastrophe humanitaire que nous avions annoncée en février dernier a malheureusement bien lieu en Essonne. » La moitié des familles ont été orientées à la maison des solidarités (MDS) de Corbeil et l’autre moitié à la MDS d’Évry.

Le Secours Catholique fait des propositions

Le Secours Catholique propose donc une nouvelle fois des mesures pour répondre aux besoins de ces populations. L’association demande, entre autres, la création d’une structure départementale d’information et de concertation avec les associations autour du préfet et du correspondant du délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal), l’application dans toutes les communes des droits inconditionnels de domiciliation et de scolarisation des enfants et l’application de la circulaire du 26 août 2012.

Par ailleurs, l’association souhaite également la stabilisation de certains bidonvilles, le temps de mettre en œuvre des structures pérennes, et le développement d’expérimentations de structures d’insertion telles que des mobile homes ou autres.

Le 14 mars, Manuel Valls avait évalué à 400 le nombre des campements « illicites » de Roms. Il avait suscité la polémique le lendemain en estimant que « hélas, les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution. »

 

Clémence Véran-Richard (avec AFP)
© Élodie Perriot/SC
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