Saint-Etienne : s’engager, une mission exigeante

Publié le 09/09/2014
Saint-Étienne
Saint-Etienne : s’engager, une mission exigeante
 

Le bénévolat est source de satisfactions… s’il est bien encadré. Le Secours Catholique s’attache à accompagner les bénévoles qui viennent au quotidien donner de leur temps pour qu’engagement rime avec épanouissement. Reportage à Saint-Étienne.

Retraitée de l’Éducation nationale, Aliette Pouteau aide les enfants en difficulté à faire leurs devoirs. « Cela m’apporte énormément de satisfaction », dit-elle. De son côté, Thérèse Séon met à profit son « art de motiver et de rassembler », une qualité que lui reconnaît son entourage, en étant co-responsable de l’équipe de Saint-Galmier, dans la Loire. Ce qui lui fait dire : « J’ai le sentiment d’être utile. »

« La condition pour devenir bénévole au Secours Catholique est de vouloir porter une attention particulière aux personnes en grande difficulté. Nos missions de bénévolat ne s’adressent pas à ceux qui cherchent simplement un moyen de s’occuper », explique Gérard Pouteau.

Avant de s’engager dans le bénévolat, Gérard Pouteau a réfléchi. Cet ancien propriétaire et dirigeant d’entreprises, en prenant sa retraite, a attendu plusieurs mois avant de se lancer. « Mon implication de chrétien m’a poussé naturellement vers le Secours Catholique », dit-il. Il observe et s’oriente d’abord vers la plateforme emploi. Un an plus tard, à la faveur de changements internes, il devient responsable d’équipe.

Les candidatures au bénévolat parviennent à la délégation locale du Secours Catholique par trois voies : le standard téléphonique, le site Internet national et les appels à l’aide émis par les équipes locales ou les paroisses. « Les candidatures spontanées faites sur le site national ne sont pas toujours réfléchies, commente Marie Mouterde, déléguée de Saint-Étienne, 50 % des rendez-vous fixés ne sont pas honorés. »

Le premier rendez-vous est essentiel. Mylène Bonnefond, responsable du pôle bénévolat de la délégation, rencontre chaque candidat et s’assure de l’adéquation entre la motivation et les compétences du postulant d’un côté, et les besoins de l’association de l’autre. « Nous expliquons l’évolution de l’association, le passage du distributif à l’accompagnement, explique Mylène. À ceux qui sont capables d’accompagner mais qui ne se sentent pas prêts, nous proposons une formation. »

Formations

Le bénévole sera lui-même accompagné tout au long de son parcours, qui débute par la formation “nouveau bénévole”. « Elle est nécessaire, si l’on veut être sur la même longueur d’ondes que les autres », précise Thérèse Séon, qui a également suivi les formations “animer un groupe” et “accompagner les personnes”. D’autres formations préparent à l’accueil des demandeurs d’asile, au microcrédit, à l’écoute, entre autres. Ensuite, les bénévoles sont régulièrement réunis pour faire le point et analyser le travail accompli. On parle de “relecture” en groupe où chacun évoque les écueils rencontrés, les solutions apportées ou à améliorer.

Cette relecture est importante, car le bénévole au quotidien dispose d’une assez large liberté d’action. « Il n’y a pas de canevas à remplir lorsqu’on est bénévole, précise Gérard Pouteau. Nous sommes en permanence confrontés à des situations différentes, face auxquelles nous disposons d’une large autonomie. C’est la charte du Secours Catholique qui nous sert de référence. »

Dans cette équipe, tout bénévole signe la charte en entrant en fonction. Véritable contrat moral, elle oblige le bénévole envers le Secours Catholique comme elle oblige le Secours Catholique envers le bénévole. Exemple : lui proposer une mission conforme à ses goûts et à ses compétences. En contrepartie, le bénévole adhère aux valeurs et à la mission de l’association.

Enfin, la question du temps passé à “faire du bénévolat” est cruciale. Récemment arrivée à la délégation, Mireille Peyre souhaitait y consacrer une demi-journée par semaine. Mais les réunions et l’envie de trouver la bonne formation l’impliquent plus que prévu. Thérèse Séon fait un constat similaire : « Nos journées sont trop courtes. Il ne faut pas tout donner au bénévolat. Il est essentiel de pouvoir et savoir préserver l’équilibre entre sa vie personnelle et son engagement dans le bénévolat. »

Jacques Duffaut
Crédits photos: © Elodie Perriot/Secours catholique-Caritas France
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