Sans-abri : « Cette crise majeure appelle une réaction d’ampleur »

Publié le 02/08/2013
France
 

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) – dont fait partie le Secours Catholique – a publié le 24 juillet son baromètre 115 mensuel. Avec un constat alarmant : la pénurie de places d’hébergement d’urgence est aussi criante qu’en hiver et augmente par rapport à l’an dernier.

Durant ce mois de juillet, 59 414 appels pour un hébergement ont été passés au numéro 115, plateforme téléphonique destinée à répondre en urgence aux demandes d’un toit pour les sans-abri. L’an dernier, à la même époque, ils étaient 41 649. Mais le plus important, aux yeux de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui a publié son baromètre 115 mensuel le 26 juillet, ce sont les réponses : 76 % des demandes d’hébergement n’ont pas pu être satisfaites.

Alors que la déclinaison des engagements du gouvernement sur l’ouverture de places pérennes tarde à se mettre en place, le 115 est au bord de la crise. « En juillet 2013, les demandes d’hébergement au 115 sont équivalentes à celles enregistrées sur la période hivernale », estime la fédération d’associations, dont fait partie le Secours Catholique. En effet, en janvier, ces demandes étaient de 59 469, une cinquantaine de plus que ce mois-ci.

C’est un témoignage, « s’il en était encore besoin, que l’urgence sociale ne se limite pas aux périodes de grand froid. Été comme hiver, les personnes sollicitent un hébergement. Pire, certaines de ces demandes sont la conséquence directe de la poursuite de la gestion saisonnière du dispositif d’hébergement », dénonce la Fnars.

La politique du thermomètre est mise en cause depuis longtemps par les associations d’accompagnement des personnes à la rue, mais le gouvernement peine à sortir de cette logique.

De plus en plus de familles à la rue

La situation est particulièrement inquiétante pour les familles. Les demandes des personnes en famille représentent 57 % du total des appels en juillet 2013. Cette augmentation vient notamment du fait de la fermeture des places d’hébergement hivernales ainsi que de l’insistance des familles à vouloir trouver un toit : « Les personnes en famille multiplient les demandes dans l’espoir d’une solution. Elles ont fait, en moyenne, cinq demandes sur le mois, contre trois pour les personnes isolées », indique la Fnars.

En outre, elles sont plus nombreuses à solliciter le 115 : 35 % de plus que l’année dernière à la même époque.

Si les personnes en famille constituent depuis quelques mois le public principal du 115, les réponses pour elles continuent de faire défaut. En juillet, 85 % des demandes d’hébergement effectuées par des familles n’ont pas pu être satisfaites.

Crise majeure

L’ouverture de nouvelles capacités d’accueil est programmée en 2013, mais prend du retard. Par exemple, les 4 000 places en Centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA), programmées pour juillet, ne sont toujours pas ouvertes.

« Le silence du gouvernement sur ce sujet, qui concerne principalement les ministères du Logement et de l’Intérieur, est assourdissant, regrette Charlotte Niewiadomski du département « De la rue au logement » au Secours Catholique. La crise de l’hébergement est nourrie par la pénurie de logements, qui se creuse chaque année. Nous attendons toujours la mobilisation de tous les moyens existants, comme les réquisitions de logements vacants, promise en 2012. Il faut une réaction d’ampleur face à cette crise majeure, humanitaire. »

Sophie Lebrun
Pourcentage de demandes n’ayant pas donné lieu à un hébergement pour « absence de places disponibles » - juillet 2013. Source : Fnars, Baromètre 115, juillet 2013
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