Sans-abri : de plus en plus d’enfants meurent dans la rue

Publié le 26/08/2014
France
Sans-abri : de plus en plus d’enfants meurent dans la rue
 

Dans son rapport annuel « Dénombrer et décrire », le collectif Les Morts de la Rue, auquel appartient le Secours Catholique, a recensé 454 personnes vivant à la rue décédées en France en 2013. Une hausse particulièrement importante puisqu’elle représente un accroissement de 16 % par rapport à 2012. Les causes constatées sont essentiellement la violence (agression, accident, suicide) et les maladies (cancers, maladies cardiovasculaires). L’âge moyen de ces adultes est d’environ 50 ans (53,4 ans en Île-de-France et 48,4 ans en région) contre 77 ans pour la moyenne nationale. 

Les hommes plus fragiles que les femmes face à la précarité

Encore une fois, la population masculine est spécialement touchée. Ainsi, 91,3 % des personnes décédées à la rue sont des hommes. « Nous avons fait le constat que les hommes semblent plus fragiles que les femmes lorsqu’ils doivent faire face à une situation de précarité. Ils perdent plus rapidement pied, affirme Brigitte Alsberge, responsable du pôle Lutte contre l’exclusion au Secours Catholique. En effet, l’idée qu’un homme doit être fort reste profondément ancrée dans les mentalités. Demander de l’aide est donc jugé comme un aveu de faiblesse. De fait, les hommes demandent moins facilement de l’aide et se tournent moins vers les institutions que les femmes. De plus, la solidarité joue peut-être plus facilement pour les femmes, qui vont, en cas de problèmes, être accueillies par des proches ou de la famille. »

Quinze enfants décédés à la rue d’une moyenne d’âge de 4 ans

Le collectif Les Morts de la Rue s’alarme particulièrement de l’augmentation du nombre de mineurs décédés. En effet, on dénombre quinze décès en 2013 contre trois en 2012. La moyenne d’âge est de 4 ans, cinq d’entre eux étant des nouveau-nés.

Les causes de leur mort sont principalement accidentelles (noyade, incendie). Cependant, quatre sont décédés d’une cardiopathie congénitale non détectée car la grossesse de la mère n’a pas été suivie médicalement et un d’une pneumopathie non prise en charge. « De plus en plus de familles sont à la rue, dans des bidonvilles ou des squats. Le 115 le confirme. Il a vu sa demande d’hébergement pour les familles exploser ces dernières années. Ce sont essentiellement des personnes dont la situation s’est dégradée fortement un jour. Et si "tomber" se fait rapidement, en sortir est long et difficile. Ce sont aussi des personnes en attente de statut et des familles qui font les frais de l’insuffisance de logements alors qu’elles sont souvent prioritaires dans le cadre du système Dalo (Droit au logement opposable) », commente Brigitte Alsberge.

Les Roms particulièrement vulnérables

Enfin, le rapport note que seize personnes décédées à la rue appartenaient à la communauté rom. Leur âge moyen était de 11 ans. « Si le Secours Catholique ne cesse d’appeler à une amélioration des conditions de vie de ces personnes et de ceux vivant à la rue, c’est pour éviter d’en arriver à ce genre de tragédies. Sur le terrain les Roms ne bénéficient pas des droits qui doivent leur être légalement accordés, s’inquiète Brigitte Alsberge. Les conditions de vie dans les camps sont déplorables et les expulsions à répétition ne permettent pas aux enfants de grandir en bonne santé. »

Clémence Véran-Richard

Retrouvez le rapport complet sur le site du collectif Les Morts de la Rue.

 

 

© Élodie Perriot/Secours Catholique
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