Solidarité : la Journée mondiale du migrant et du réfugié a 100 ans

Publié le 17/01/2014
France
 

De nombreux événements sont prévus dans tous les diocèses de France à l’occasion de la 100e Journée mondiale du migrant et du réfugié, le dimanche 19 janvier. Les équipes du Secours Catholique, qui accompagnent 400 000 étrangers chaque année, sont aussi mobilisées.

Au commencement de la Première Guerre mondiale en 1914, des dizaines de milliers d’Européens sont jetés sur les routes. La situation émeut le pape Benoît XV qui institue une Journée mondiale du migrant et du réfugié. Cent ans après, les flux migratoires n’ont pas disparu. Ils ont même explosé avec l’avènement de la mondialisation et l’éclatement incessant de conflits meurtriers.

Des célébrations, des prières et des actions en rapport avec cette Journée sont organisées dimanche 19 janvier, par les différents diocèses de France. Des scouts prépareront par exemple des repas avec des familles de migrants en Lozère. Le diocèse de Rodez projettera un film sur les migrants à Aveyron. Le spectacle Un fou noir au pays des Blancs sera donné à Nantes, et un autre spectacle, L’Hommigrant, prendra place à La-Roche-sur-Yon. De plus amples informations sont disponibles sur le site du Service national de la pastorale des migrants.

Débats autour des migrants

Le 19 janvier, un débat rassemblera à Versailles François Soulage, président du Secours Catholique, avec plusieurs membres de la société civile. Le 12 février, il sera à Arras pour échanger avec l’évêque du lieu, Mgr Jean-Paul Jaeger, après la projection d’un film relatant dix ans d’engagement de l’association auprès des migrants.

Le Secours Catholique accueille chaque année quelque 400 000 étrangers en France, soit un tiers des personnes accompagnées sur le territoire. Il s’engage régulièrement auprès des demandeurs d’asiles et des familles roms, dont les conditions d’accueil et d’hébergement restent très précaires.

De son côté, la Conférence des évêques de France a choisi pour thème, à l’occasion de cette Journée, « Migrants et réfugiés : vers un monde meilleur ». Elle a rappelé, le 8 janvier lors d’une conférence de presse, toute l’ambiguïté de l’expression « monde meilleur », assimilée bien souvent à la société de consommation. « Cette même société de consommation, qui produit tant de détritus, a parfois tendance à considérer les humains comme des déchets », a déploré Lorenzo Prencipe, prêtre responsable de la pastorale des migrants.

Les évêques ont souligné que la priorité de l’Église est de permettre aux populations de vivre chez eux, dans leur pays. Mais si la chose devient impossible, il est de son devoir de les accueillir.

Une récupération politique de la question des migrations

Le père Prencipe a dénoncé au passage la récupération politique excessive de la question des migrations en France. « Un million de Syriens sont actuellement réfugiés au Liban, qui compte 4 millions d’habitants. C’est comme si la France accueillait 20 millions de réfugiés. Or, ils ne sont que 61 000 à demander l’asile en France chaque année. » Remonté, Lorenzo Prencipe a rappelé que la politique migratoire relevait de l’Union européenne depuis le traité de Lisbonne. « Mais les hommes politiques nationaux rechignent à la lâcher, puisqu’elle leur fait gagner des élections. »

Un mois après sa visite très médiatique à Lampedusa, le pape François rappelait en août que « les flux migratoires contemporains constituaient le plus vaste mouvement de personnes, sinon de peuples, de tous les temps ». Les zones les plus sinistrées dans le monde restent l’Irak, l’Afghanistan, le Soudan, la Corne de l’Afrique et la Syrie. Plus récemment, le Mali et la Centrafrique se sont ajoutés à la liste.

Mgr Laurent Dognin, évêque de Bordeaux, a insisté quant à lui sur l’importance du témoignage des migrants. Il invite les chrétiens à les écouter lors de cette Journée. « Ils ont souvent vécu de très dures épreuves, leur foi a été soumise au feu. Entendre leur histoire peut nous aider. » Une façon pour chacun de voir le migrant comme un homme avant tout, et de substituer à la défiance une « culture de la rencontre ».

 

Le Jour du Seigneur met l’accent sur cette Journée

Dimanche 19 janvier, l’émission Le Jour du Seigneur sur France 2 consacre son débat de 11 h 30 à la 100e Journée mondiale du migrant et du réfugié, avec pour intervenants Pierre Leleu, bénévole au Secours Catholique, et le père Paul de Montgolfier, directeur du Service jésuite pour les réfugiés. Le débat sera précédé d’un reportage sur la situation des migrants à Calais.

>> Pour en savoir plus : www.lejourduseigneur.com

Pierre Wolf-Mandroux
Crédits photos: © Donatella Giagnori/Maxppp
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