Solidarité : la politique d’assistance en livres

Publié le 18/06/2012
France
 

François Soulage, président du Secours Catholique, et le sociologue Nicolas Duvoux, se sont essayés, lors d’une conférence commune lundi 18 juin, à extraire les principaux enseignements de leurs livres respectifs.

Deux livres, traitant de l’assistance aux plus précaires et publiés en début d’année, faisaient l’objet de la conférence du lundi 18 juin au Secours Catholique. Pour donner plus de relief aux débats, Nicolas Duvoux a analysé le livre coécrit par François Soulage [1] : Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble. Puis le président du Secours Catholique a, à son tour, souligné les points essentiels du Nouvel âge de la solidarité [2], dernier ouvrage du jeune sociologue qui fut, en 2010, premier lauréat du prix pour la recherche de la Fondation Caritas.

Après avoir relevé combien le texte de François Soulage allait à contre-courant de l’opinion majoritaire en France, Nicolas Duvoux a mis en relief les idées essentielles de ce livre qui décrit les inégalités et les fragilités engendrées par la pauvreté. « La pauvreté est violente aussi parce qu’elle isole, a ajouté N. Duvoux, parce que les lieux de sociabilité ont disparu. Il y avait deux France : la blanche (catholique sociale) et la rouge (communiste ou syndicaliste). C’était des liens imparfaits, différents, mais ils étaient porteurs d’une éducation populaire. Il n’y a plus d’équivalent aujourd’hui. »

L’assistance apportée aux plus fragiles, qu’ils soient chômeurs ou migrants, provoque des réactions et soulève des questions de légitimité. Le travail, l’emploi trace une ligne de démarcation. François Soulage note dans le livre de Nicolas Duvoux combien les politiques créent une coupure entre le monde du travail et les personnes fragiles : « deux mondes qui ne se parlent plus ». Les personnes exclues du travail sont stigmatisées. D’où l’importance d’accompagner ces personnes pour les aider à retrouver la capacité de faire des choix.

Le président du Secours Catholique a également mis en évidence la différence faite par le scientifique entre ceux qui appartiennent à un système assurantiel et ceux qui en sortent pour se retrouver dans un système d’assistance. « Notre pacte social est mis en danger par la montée de l’individualisme des droits. » L’exclusion apparaît ainsi comme une défaillance individuelle et non celle d’un système.

Or, notre système de protection sociale est fondé sur l’emploi. Parmi les solutions suggérées à la fin de son livre, Nicolas Duvoux préconise de revaloriser les aides sociales, de prévenir l’entrée dans l’assistance, de lutter contre les discriminations, et cite toute une série de mesures propres à réinventer la solidarité.

Notes:

[1] Guy Aurenche, Christophe Deltombe, Pierre-Yves Madignier, Patrick Peugeot et François Soulage, Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2012, 96 pages, 12 euros.

[2] Nicolas Duvoux, Le Nouvel Âge de la solidarité, coll. La République des idées, Éditions du Seuil, 105 p., 11,50 euros.

© Vincent Isore/IP3 Press/Maxppp
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