Soudan du Sud : bien préparer les futures élections

Publié le 19/08/2013
Soudan du Sud
 

Deux ans après son indépendance, le Soudan du Sud reste un État fragile économiquement et politiquement. Les associations comme la Caritas locale en partenariat avec le Secours Catholique-Caritas France participent activement à la construction démocratique du pays.

En juin, le président soudanais Omar el-Béchir a fait fermer les oléoducs par lesquels le Soudan du Sud exporte son pétrole, accusant le pays de soutenir les rebelles soudanais au Darfour, au Kordofan et dans l’État du Nil Bleu. Pourtant, les deux pays avaient conclu un accord en mars dernier pour la reprise de la production et de l’exportation du pétrole du Soudan du Sud, après un arrêt qui depuis janvier 2012 avait entraîné une perte de 98 % des recettes fiscales du pays.

« La situation économique est préoccupante mais elle l’est moins que celle du Soudan » [du Nord, ndlr], déclare Camille Liewig, volontaire pour le Secours Catholique basé à Torit, à la frontière avec l’Ouganda et le Kenya. « Le Soudan du Sud est soutenu par les puissances occidentales. Et surtout, contrairement au Nord, les ONG peuvent y travailler plus librement. »

L’éducation civique de la population, enjeu prioritaire

Envoyé sur place pour aider à la création de la Caritas diocésaine de Torit, mise en place en février dernier [1], Camille Liewig estime que l’enjeu pour le Soudan du Sud repose sur l’éducation civique de la population. « Les Soudanais du Sud doivent connaître leurs droits et leurs devoirs en tant que citoyens en vue des prochaines élections », explique-t-il [2].

En ce sens, le Secours Catholique-Caritas France finance un projet de consultation de la population dans le processus de révision de la Constitution. Dans chaque diocèse, en effet, un travail de sensibilisation et de réflexion sur la Constitution a été mené auprès des communautés.

Un rapport remis au gouvernement

Le fruit de ce travail a été compilé en un rapport final, remis à la commission gouvernementale en charge de la révision de la Constitution. « Les Églises doivent se mobiliser pour la prise en compte de ce rapport, mais aussi se renforcer afin de devenir, avec la société civile, le contre-pouvoir nécessaire à toute république dite démocratique. »

 

Notes:

[1] Nous en parlions dans Messages, n° 677, mars 2013, p. 16.

[2] L’élection présidentielle aura lieu en 2015.

Clémence Véran-Richard
Élodie Perriot/Secours Catholique
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