Syrie : La population prise au piège à Alep

Publié le 06/08/2012
Alep
 

Tandis que l’armée bombarde Alep, Caritas Syrie, avec l’aide du Secours Catholique, distribue de la nourriture à la population civile coincée entre deux feux.

Un attentat à la bombe a secoué lundi 6 août à Damas le siège de la télévision syrienne, principal outil de propagande du régime dont les troupes continuaient de bombarder Alep, enjeu crucial du conflit.

Cet attentat est intervenu alors que l’armée a affirmé il y a deux jours contrôler totalement la capitale après avoir repris le quartier de Tadamoun.

Bombardements à Alep

À Alep, poumon économique du pays avec une population de 2 millions de personnes, des bombardements et des tirs d’arme automatique avaient lieu ce lundi 6 août dans plusieurs quartiers, causant la mort de huit civils et d’un commandant rebelle, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Les bombardements ont visé le Palais de Justice, dans le centre, et les quartiers de Chaar et de Marjé, à l’est.

Par ailleurs, des tirs d’arme automatique étaient entendus à Salaheddine (ouest), bastion rebelle où un commandant insurgé a été tué, et dans le quartier de Bab al-Nairab (centre) où un civil a été tué par un tireur embusqué.

Depuis le début de la journée, 28 personnes ont été tuées à travers la Syrie, dont 21 civils et huit rebelles, selon l’organisation basée à Londres qui tire ses informations et ses bilans d’un réseau de militants et de témoins en Syrie.

Dimanche, 131 personnes ont péri, dont 79 civils, 42 soldats et 10 rebelles, selon l’OSDH. Compte tenu des restrictions imposées par les autorités, il est impossible de vérifier ces bilans de source indépendante.

En vue de la bataille d’Alep qu’elle juge décisive, l’armée a achevé dimanche l’envoi d’importants renforts dans cette deuxième ville du pays, théâtre d’affrontements depuis le 20 juillet.

Selon un responsable de la sécurité, au moins 20.000 militaires ont été déployés sur le front d’Alep, où les rebelles comptent pour leur part entre 6.000 et 8.000 hommes.

Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que, malgré les bombardements, par l’artillerie et l’aviation, les soldats ne parviennent pas à avancer au sol.

Caritas soutient la population

Certains quartiers sont vidés de leurs habitants qui ont trouvé refuge dans les jardins et les écoles publiques. Entre 15 000 et 25 000 personnes sont concernées. Mgr Antoine Audo, président de la Caritas syrienne, joint aujourd’hui par nous au téléphone, explique la difficulté de la situation dans laquelle se trouve les plus démunis : les pénuries de carburant, de gaz, et de plus en plus de denrées alimentaires, font que les prix se sont envolés depuis de début du conflit. « Les gens n’ont plus d’économie. Même si on trouve encore à peu près de tout, ce n’est plus accessible au plus grand nombre », raconte-t-il.

Depuis une semaine déjà, Caritas distribue des aides de première nécessité et reçoit de nombreux témoignages de solidarité pour son travail. Des bénévoles et des scouts apportent leur aide. Le Croissant fertile a mis à disposition 250 rations alimentaires pour les familles en lien avec Caritas Syrie.

Un premier programme de distribution d’un millier de repas par jour a été mis en en œuvre avec l’aide de CRS (Caritas États-Unis). Cette semaine, c’est le Secours Catholique qui a débloqué 20 000 euros pour permettre le financement de ces opérations.

Dans l’espoir que le conflit ne durera pas au-delà. « Nous vivons dans l’expectative avec une très forte angoisse car on nous dit que le grand combat n’a pas encore eu lieu. Merci de vos prières », insiste Mgr Audo.

(avec AFP)
Crédit : CI/Flickr
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