Syrie : survivre entre grave crise humanitaire et violence

Publié le 03/11/2014
Syrie
 

Kobane, Damas, Alep, Homs, quatre villes-martyrs depuis trois ans sous la pression des belligérants. Le Service jésuite des réfugiés (JRS), partenaire local du Secours Catholique-Caritas France, témoigne de l’aggravation de la crise humanitaire et de la longue souffrance des Syriens.

 

Des vies brisées

Kobane. Les forces kurdes de la localité syrienne frontalière de la Turquie résistent depuis cinq semaines aux attaques de l’État islamique (EI). La “bataille de Kobane” aurait entraîné la mort de 662 personnes, selon l’AFP. Des milliers de civils fuient vers la Turquie. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) se prépare à faire face dans ce pays à un déplacement massif de plus de 400 000 hommes, femmes et enfants !

Damas. La capitale souffre de l’escalade de la violence entre insurgés et troupes gouvernementales. « La situation y est totalement imprévisible », déclare le père Nawas Sammour, directeur régional de JRS. « Nous vivons au jour le jour. » Les combats ont provoqué des vagues de déplacements de populations vivant dans le faubourg de Jobar vers la banlieue de Dwelaa. Début octobre, les centres du Service jésuite des réfugiés offraient de la nourriture, des cours de rattrapage scolaire et des services psychosociaux mais étaient fréquemment contraints de fermer.

Alep. Au nord de la Syrie, les habitants de la ville vivent en permanence la peur au ventre, pris en tenaille entre divers groupes rebelles, l’État islamique et l’armée de Bachar Al-Assad. Les familles ont de plus en plus de mal à faire face aux besoins quotidiens. Dans les zones gouvernementales, si elles ont accès une fois par semaine à l’eau apportée par la municipalité, dans les autres quartiers elles n’ont plus d’eau depuis au moins sept semaines ! Les nombreuses coupures d’électricité aggravent encore la situation.

Par ailleurs, les ruraux présents autour d’Alep craignent que des “soldats” de l’État islamique, en se cachant dans la population, déclenchent des bombardements aériens américains et infligent encore plus de souffrances aux communautés locales.

Homs. La ville, à mi-chemin entre Alep et Damas, est la plus « calme » des cités syriennes. Toutefois, le 1er octobre, une double attaque suicide contre une école élémentaire a tué 40 enfants et blessé de nombreuses personnes. Sami, un volontaire du Service jésuite des réfugiés, est effondré : « Nous pleurons tous ces enfants. Chaque jour, nous vivons dans la peur. Quand cette violence prendra-t-elle fin ? »

L’engagement de JRS et du Secours Catholique-Caritas France

Dans la vieille ville de Homs, le Service jésuite des réfugiés a réhabilité 18 puits pour fournir de l’eau potable à 8 000 personnes. Même opération à proximité, dans le village de Mskanen, où une de ses équipes a creusé un puits. Toujours dans la vieille ville, “une cuisine de campagne” fournit 700 repas par jour et un appui éducatif et psychosocial est proposé aux familles démunies.

Le soutien de JRS, organisé à l’échelle nationale, s’adapte aux besoins des personnes vulnérables : activités psychosociales, aide pour payer les loyers, soins de santé primaire (dispensaire, médecins…), produits non-alimentaires et alimentaires. Selon JRS, quelque 300 000 personnes en bénéficieraient à Damas, Homs et Alep.

Sur le plan alimentaire, le Secours Catholique, lui, a soutenu en 2013 pendant neuf mois un projet de son partenaire au nord de la Syrie (100 000 euros) et un autre à Damas en 2014 pendant quatre mois (118 381 euros).

Yves Casalis, avec JRS

© Patrick Delapierre/Secours Catholique
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