Syrie : « Tous ont rendu hommage à l’action de Caritas Syrie »

Publié le 26/06/2014
Syrie
 

Sébastien Dechamps, responsable des Urgences internationales au Secours Catholique, a participé à la rencontre du Conseil pontifical Cor Unum le 30 mai, à Rome. Ses membres ont rendu hommage à l’action courageuse et de grande ampleur de Caritas Syrie.

Quel message a délivré le pape au cours de la rencontre du Conseil pontifical Cor Unum ?

François nous a interpellés en disant : « Voilà la racine du mal : la haine et la cupidité de l’argent, la fabrication et la vente des armes. » Reprenant ses propos tenus en Jordanie le 24 mai dernier, il a souligné l’importance de « penser à qui est derrière ce commerce, donnant à tous ceux qui sont en conflit les armes pour continuer le conflit ».

Cette déclaration n’est pas anodine quand on voit la puissance de feu déployée par tous les protagonistes, tant du côté de Bachar Al-Assad que des différents groupes rebelles !

Sous quel angle les organisations catholiques engagées dans cette crise régionale (les Caritas Syrie, Liban, Jordanie, Turquie, le Secours Catholique-Caritas France…), Caritas Internationalis, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, Mgr Mario Zenari, nonce apostolique présent à Damas, ont-ils abordé le conflit ?

Tous ont tenu à rendre hommage à l’action de Caritas Syrie. Notre partenaire, qui était auparavant une organisation modeste et peu équipée, parvient aujourd’hui à mettre en place cinq programmes humanitaires dans six régions du pays (elle gère cinq millions de dollars). Ils couvrent les volets médical, alimentaire, aide au loyer, scolaire et troisième âge. En outre, Caritas forme son personnel – environ 50 collaborateurs et de nombreux volontaires répartis dans 6 bureaux régionaux – à la gestion des programmes, à la rédaction des rapports d’activités…

En 2015, elle voudrait avancer dans deux directions. D’une part, répondre à un besoin criant, peu pris en compte (enfants et mères traumatisés…) en installant un programme psychosocial. D’autre part, appuyer un projet d’accès au micro crédit et de formation qualifiante destiné aux jeunes défavorisés.

Un autre sujet a-t-il été abordé au cours de cette rencontre ?

Mgr Antoine Audo, président de la Caritas et évêque chaldéen d’Alep, une ville en guerre, a affirmé qu’il garde l’espoir dans l’avenir. À son image, l’organisation catholique se projette dans la Syrie de demain en attestant que l’aide humanitaire distribuée s’adresse à tout le monde !

En cela, elle s’appuie sur le synode organisé au Vatican en octobre 2010 par Benoit XVI, consacré à l’avenir des chrétiens de Terre sainte. Il invitait les chrétiens à s’engager en tant que citoyens sur les terrains économique, sociopolitique, et sur « la pratique du pardon et de la réconciliation ».

Comment réagissez-vous à l’offensive fulgurante déclenchée en Irak par les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), mouvement présent à l’est de la Syrie et autour de la ville d’Alep, au nord ?

L’offensive foudroyante de ce mouvement très radical, très structuré et puissant financièrement est effrayante pour toute la région. Car elle risque d’exacerber les antagonismes entre chiites et sunnites et, à terme, d’impliquer toute la communauté internationale. En Syrie, l’insurrection déclenchée par l’EIIL pourrait avoir un impact sur la sécurité des minorités, qu’elles soient chrétiennes, kurdes ou alaouites.

Irak : la Caritas locale et le Secours Catholique-Caritas France engagés auprès des déplacés internes

De nombreux Irakiens vivent désormais dans l’angoisse, en particulier dans la région de Mossoul, au sud du Kurdistan. Confrontés à l’avancée des djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIl), les habitants de l’ancienne ville assyrienne, chrétiens et musulmans confondus, ont dû fuir. Sous le contrôle des peshmergas kurdes, les villages chrétiens de la plaine de Ninive, au sud-est de Mossoul, affrontent un drame humanitaire. Avec l’arrivée soudaine de nombreux déplacés internes et de réfugiés syriens, l’eau fait cruellement défaut et les coupures d’électricité se multiplient alors qu’en cette saison la température dépasse les 40°C…

Partenaire du Secours Catholique, Caritas Irak distribue des vivres et des produits d’hygiène à des centaines de femmes, d’enfants et de vieillards. Selon Nabil Nissan, son directeur, « les besoins alimentaires, sanitaires…, déjà immenses, augmentent encore ! » Le Secours Catholique lui verse en urgence une aide de 100 000 dollars (73 500 euros).

Yves Casalis
Crédits photos: © Caritas Internationalis
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