Syrie : une délégation française auprès des réfugiés

Publié le 07/10/2013
Syrie
 

Du 7 au 11 octobre, une délégation, composée de dix représentants d’associations - dont Sébastien Dechamps, responsable du pole urgence et Louise Avon, membre du conseil d’administration du Secours Catholique - ainsi que deux personnalités religieuses chrétienne et musulmane, se rend en Jordanie et au Liban pour rencontrer les réfugiés syriens et les assurer de leur soutien. Pour Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi, et Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, ce voyage doit encourager les Syriens à espérer et interpeller les consciences occidentales.

Quel est le but de ce voyage ?

Mgr Marc Stenger : Nous voulons apporter notre soutien à un peuple qui souffre depuis trop longtemps, lui dire, quelles que soient les positions politiques adoptées par ailleurs, que nous sommes avec lui, nous pensons et prions pour lui. Ce sera aussi l’occasion pour nous tous de remercier ceux qui s’occupent des réfugiés, leur exprimer notre reconnaissance et nos encouragements. Nous voulons apporter un message d’espérance.

Tareq Oubrou : C’est un geste de solidarité que nous souhaitons poser ensemble, à l’égard des victimes, pour leur affirmer que le monde ne les oublie pas. Nous voulons dénoncer l’injustice faite aux innocents. Nous ne leur apportons pas d’argent mais notre soutien venu de loin. Dans ces situations atroces c’est aussi très important. D’autre part, servir une cause est une bonne chose, mais rencontrer et découvrir par soi-même permet d’affiner les choses, et de mieux défendre les personnes.

Quel est le sens de la réunion de tant d’associations différentes ?

Mgr Marc Stenger : Le nombre est une force morale. Malgré nos objectifs différents, la souffrance des hommes nous permet de nous retrouver et c’est un signe fort pour ces populations éprouvées. C’est ensemble que nous voulons les soutenir et que nous nous donnons les moyens de le faire.

Tareq Oubrou : Nous sommes mus par notre foi, et par des valeurs universelles. Il est important que nous soyons capables de montrer notre union pour dénoncer des drames qui touchent tant de minorités différentes dans une région si sensible. Nous avons eu envie de dire que les religions, avec leurs valeurs respectives, pouvaient œuvrer ensemble à l’international.

Pourquoi maintenant ?

Mgr Marc Stenger : Le calendrier nous a permis d’être tous réunis à cette date et nous y tenions. L’agitation dure depuis bien longtemps autour de la question syrienne, et un jour il devient insupportable de rester dans un silence qui pourrait être complice : nous voulions affirmer notre refus de cette guerre, et notre compassion.

Tareq Oubrou : Cela n’a rien à voir avec la récente polémique autour des armes chimiques ou l’intervention évoquée en Occident. Ce voyage était prévu bien avant. Cela fait longtemps que nous portons ce soutien dans nos cœurs, nous voulions désormais le manifester directement aux populations souffrantes.

Quel message espérez-vous faire passer à ces réfugiés ?

Mgr Marc Stenger : Nous voulons les encourager à garder l’espérance. Nous souhaitons leur dire que si nous ne sommes pas en mesure de régler les problèmes qui nous dépassent, nous restons vigilants à eux. C’est un appel à la confiance.

Tareq Oubrou : Il est important qu’il sache que, même de loin nous pensons à eux, que les chrétiens et les musulmans entendent leur souffrance. Le rôle des religions est d’apaiser les souffrances, c’est une parole d’espérance que nous voulons apporter.

Charlotte d’Ornellas
© Patrick Nicholson/Secours Catholique
Écolière Haïtienne souriante dans sa classe
Plus d'informations
Solidarité internationale et développement
# sur le même thème