Traite des êtres humains : les nouveaux outils de lutte

Publié le 20/10/2014
France
Traite des êtres humains : les nouveaux outils de lutte
 

« Au Secours Catholique-Caritas France, nous menons la lutte contre la traite des êtres humains depuis que nos partenaires d’Europe de l’Est nous ont sensibilisé à ce fléau, il y a plus de dix ans », explique Geneviève Colas, en charge de cette question au Secours Catholique et coordinatrice du Collectif “Ensemble contre la lutte des êtres humains”.

« Ceux qui se livrent à la traite des êtres humains ont en commun un profond mépris de l’humanité et un appétit féroce pour le profit, affirme de son côté Nicolas Le Coz, président du Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (Greta). Toute forme de traite doit être combattue, notamment l’esclavage, le travail forcé et ses composantes que sont l’exploitation de la mendicité, la contrainte à commettre des infractions et le prélèvement d’organes. » Cette activité criminelle génère, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), jusqu’à 27 milliards d’euros par an et sa croissance est plus rapide que celle du trafic d’armes ou de drogues.

La répression des crimes de la traite est difficile. La preuve doit être apportée. Les victimes ne sont pas toujours enclines à témoigner ou totalement libres de le faire. La Convention anti-traite du Conseil de l’Europe énonce une série d’obligations claires, précises et efficaces. Elle a permis la mise en place d’un arsenal répressif et insiste sur la nécessité de prendre en charge les victimes.

24 000 victimes

Entre 2008 et 2010, seules 24 000 victimes de traite ont été identifiées par les statistiques de l’Union européenne. Selon le Greta, ce chiffre est en deçà de la réalité car « la réelle mesure de la gravité de la traite des êtres humains n’est pas encore prise ». Cette forme de criminalité passerait plus inaperçue que d’autres. La raison ? La difficulté à prouver que l’infraction a été commise : prouver l’acte de « recrutement », le but d’« exploitation » et le « moyen » qui peut être la violence, la tromperie ou l’abus d’une situation de vulnérabilité.

En France, le Conseil des ministres a adopté en mai dernier un Plan d’action national pour lutter contre la traite des êtres humains. Ce plan sera opérationnel dès que le Parlement lui aura attribué un budget. « Le travail peut se mettre en place en attendant, assure Geneviève Colas. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas encore de budget que les ministres ne peuvent pas avancer. Au ministère de l’Éducation nationale, par exemple, on peut commencer à réfléchir sur la manière d’aborder le sujet dans les lycées. »

Pour donner une vision globale des actions de lutte mises en œuvre par les États et les sociétés civiles, le Collectif vient de mettre en ligne un nouveau site Internet. Ce site (contrelatraite.org) se veut le lieu de référence pour comprendre les enjeux de la traite des êtres humains partout dans le monde, ses formes et les réponses apportées jusqu’ici.

Jacques Duffaut

© Philippe Lavieille/Maxppp
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