Traite des êtres humains : « L’Union européenne s’engage davantage »

Publié le 01/08/2013
Bulgarie, France, Liban, Roumanie, Turquie
 

Chargée de projets Europe au Secours Catholique, Aliette Chauveau a rencontré à la fin du mois de juin, à Sofia (Bulgarie), des membres de huit Caritas nationales – Bulgarie, Roumanie, Turquie, Liban… – ainsi que l’association Animus et Caritas Sofia. Objectif commun : renforcer la lutte contre la traite des êtres humains.

Quelles difficultés empêchent la réalisation d’une coopération transnationale efficace dans le combat contre le trafic humain ?

Reconnaissons que de plus en plus d’efforts sont fournis dans le sens d’une coopération internationale en matière de lutte contre la traite des êtres humains. Une série de conventions et de textes internationaux encouragent les États, soit à soutenir les victimes, soit à organiser la coopération judiciaire et policière contre les trafiquants. La question de la volonté politique demeure. Pour la France, comme pour d’autres États, des initiatives la concrétisent.

Mais pour tous les protagonistes engagés dans ce domaine, des contacts personnels avec les acteurs de terrain comme les services sociaux, la police ou les associations sont indispensables pour aller plus vite dans la mise en place de mesures efficaces.

Depuis 2005, une convention du Conseil de l’Europe met la victime de la traite au cœur du dispositif de lutte. Cet instrument juridique produit-il des fruits ?

Cette convention incite déjà les États à adopter une loi qui pénalise la traite des êtres humains, et qui offre une protection aux victimes. Ainsi, 40 États ont adopté cette loi. Ensuite, ce texte européen a mis en place des coordinations nationales dans ce domaine et des dispositifs juridiques qui permettent de protéger les victimes et de mener des investigations quand il y a infraction à la loi.

Par ailleurs, l’Union européenne s’engage davantage dans la lutte contre la traite : en 2011, elle a voté une directive qui crée un coordinateur européen (il a notamment autorité pour encourager et inciter les États à mieux protéger les victimes) ; en 2012, elle a décidé une stratégie de lutte contre ce trafic. Le 31 mai dernier, la Commission européenne a créé un nouvel outil : la plateforme européenne de la société civile pour lutter contre la traite des êtres humains. Le Secours Catholique en est membre avec une centaine d’autres organisations.

Quelles sont les prochaines étapes du « projet euro-méditerranéen de lutte contre la traite des êtres humains » auquel 9 Caritas participent et que soutient le Secours Catholique ?

Les Caritas Kosovo et Albanie, en partenariat avec le Secours Catholique, organisent les 30 septembre et 1er octobre prochains à Pristina, la capitale du Kosovo, les journées de clôture du projet. Seront présents les coordonnateurs de celui-ci dans chacun des 9 pays, les associations partenaires dans cette aventure, le coordonnateur européen, le président du Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA).

Des propositions seront faites pour la suite. Par exemple, afin de mieux répondre à la question de la réintégration des victimes – en favorisant la formation professionnelle –, à celle de leur accompagnement – le développer en associant médecins, psychologues, avocats… –, nous allons demander davantage de moyens financiers à l’Union européenne.

Nous allons aussi proposer de mieux répondre au besoin prioritaire de formation, notamment sur l’identification des victimes, pour les magistrats, les policiers, les médecins ou encore les travailleurs sociaux.

Yves Casalis
© DR
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