Un centre antitoxicomanie à Jérusalem-Est

Publié le 03/07/2012
Israël, Palestine
Un centre antitoxicomanie à Jérusalem-Est
 

Le nombre de consommateurs de drogues dans les Territoires occupés atteindrait environ 80 000, selon le Bureau local des statistiques : parmi eux, 20 000 seraient des toxicomanes, dont 15 000 vivraient à Jérusalem. Le hachisch est la drogue la plus utilisée, suivi par des substances dites « dures » – héroïne, cocaïne… – et par les somnifères et les amphétamines, entre autres.

Face à ce fléau, « les actions de l’Autorité palestinienne et de la société civile sont négligeables, ou presque », souligne Caritas Jérusalem. De fait, l’Autorité palestinienne ne fournit aux toxicomanes hospitalisés aucun soin psychologique pour les aider à surmonter leur addiction et favoriser leur réhabilitation. Côté société civile, seules deux ONG s’en préoccupent, uniquement sous un angle médical, par des interventions qui permettent d’effectuer des désintoxications partielles.

Le Centre d’écoute et de prévention de la toxicomanie, mis en place par Caritas Jérusalem, a bénéficié, dans sa phase initiale, de l’appui méthodologique de Médecins du monde. À présent, des spécialistes français et allemands de la lutte contre la toxicomanie contribuent à l’orienter dans ses choix. Des juges israéliens, soucieux de trouver une alternative crédible aux peines de prison pour les toxicomanes auteurs d’infractions graves, le contactent.

120 policiers formés

Dans le cadre du projet mis en œuvre par Caritas Jérusalem, de janvier 2012 à décembre 2013, les actions suivantes sont organisées par le Centre :
-  Il dirige les demandeurs vers des médecins, un centre de désintoxication, ou vers des conseillers juridiques. Résultat attendu : 340 toxicomanes reçoivent cette aide directe.
-  Après une cure de désintoxication, les personnes ne sont plus accros. Des accueillants les aident à éviter de sombrer à nouveau. Résultat attendu : 60 ex-toxicomanes sont suivis ainsi.
-  Un psychologue visite régulièrement des familles pour les réconforter et les conseiller dans leur soutien aux proches en difficulté. En cas d’urgence, une ligne téléphonique les met directement en contact avec un spécialiste du Centre. Trois cent vingt membres de familles devraient recevoir ce coup de pouce psychologique.

-  Il est prévu de donner une information détaillée : dans 15 écoles, à 640 élèves, sur les risques liés à la consommation de drogues ; à 160 parents, sur les initiatives à prendre pour combattre celle-ci, en particulier lorsqu’elle touche leurs enfants.
-  Il est prévu de former 120 étudiants en psychologie et sociologie à des techniques prenant en compte les problèmes médicaux et psychologiques spécifiques des toxicomanes.
-  Le projet insiste enfin sur une double formation à mettre en place : « prévention et lutte contre l’usage de la drogue » pour 300 travailleurs sociaux et « comportement à adopter face aux toxicomanes » pour 120 policiers.

Le Secours Catholique participe à hauteur de 100 000 euros pour ce projet de Caritas Jérusalem d’un montant total de 514 785 euros.

crédit : Fr. Bessonnet/Flickr
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